mardi, 29 avril 2008

Un Toi à Soie 1.04

577387781.jpg

Crépitements. Palpitations.Les deux, et dans le désordre encore. Je touche quand même. Je m'attarde, même. Mais je ne bouge plus davantage. Un parcours de soies dans une forêt de coccons. Derrière tes paupières, je surprend plus un lien qu'un lieu. L'impression est forte. Comme une eau. La persistante se contente, elle, d'être rétinienne. Je vascille en dedans, légèrement. Tu le sens et, pour quelques secondes, nous voici suspendues aux temps qui nous occupent. La persistance adopte alors une posture reptilienne. Les courbes s'engagent dans les mêmes mouvements inversés. Silences et bruissements enflent sans gronder. Gorgone inspira Racine qui engendre Andromaque et qui nous façonne. Ta bouche me surprend et rompt ce charme. Elle m'arrive comme une pluie d'été sur une terre nue et presque craquelée. Nul souffle ne peut à présent jouer la caresse imprévue; nous voilà pleinement seules. Entre Nous.

Crépitements. Palpitations. Distinguer l'émotion de la vie qui nous bat et qui s'achoppe dans les plis de nos peaux. Ce n'est pas dans l'ordre des choses, car la confusion s'intéresse. Nous passerons, plus tard, aux choses dites "sérieuses". Mais vite, alors. Ou pas. Ou pas à pas.
Ici, la légèreté se déploie en langueurs. Non, Paul, elles ne sont pas "mon automne". 

mardi, 15 avril 2008

Un Toi à Soie 1.03

918471758.jpgLes noces de soie, ici, c'est 12 années de liens conjuguaux.

Bombyx, lui,  parle de fils. En soi, la soie ne devient résistante que par l'enchevêtrement, ou la torsion. C'est selon. Normal : c'est une matière animale, protéinée.

J'ai pensé à cela - je dois bien de temps en temps vous concéder mes inspirations - lorsque, sur LE forum, j'ai lu le mot "enchâsser". Lamartine (en un seul mot) s'est porté volontaire pour relayer : "À un des doigts de la main noyés dans les cheveux, on voyait briller un petit anneau d'or qui enchâssait une étincelle de rubis où se réverbérait la lampe."
Bombyx en est resté cloué, sur place. Either do I.

Au subjonctif imparfait ça se conjugue parfaitement : 

que j'enchâssasse
que tu enchâssasses
qu'il enchâssât
que nous enchâssassions
que vous enchâssassiez
qu'ils enchâssassent

 

Pourquoi ne pas se pencher sur ces mots qui nous font rêver ? Au nom de quelle urgence ? 

Les Femmes s'enchâssent et nos fils sont tendus et prêts. Nos filles aussi, cela dit.

Questions de rhétorique.

Enchâssez-vous, vous ? 

 

lundi, 24 mars 2008

Un Toi à soie 1.02

- Tu es bien ?

- J'ai quand même un peu froid.

- Viens.

Alors, je suis venue et tu m'as tendu une tasse de café. Aujourd'hui, je voudrais me souvenir du goût qu'il avait, ce café-là. Depuis, il me semble arithmétiquement probable que nous en sommes à plus de 7.000. Je ne sais pas si l'avenir peut être lu dans le fond d'une tasse mais je suis certaine que notre passé s'y est un peu installé.

Etrange breuvage à la fois interdit et recommandé. Justement, en voilà une autre Histoire.

"Se servir un café" est - à très bien y réfléchir - la réponse idoine aux exactions. 

Un écran de fumée même à Rome.

Je vais briser nos tasses pour y trouver une étincelle de porcelaine.

Si vous jouez avec cette dernière phrase, vous êtes perdus. 

dimanche, 23 mars 2008

Un Toi à soie 1.01

- Tu n'as donc pas trouvé d'image à nous mettre pour illustrer ton propos ?

- Non.

3 divisions passent. L'infante ri. Tout passe, parfois se lasse. Moi, je me casse. En deux, pour le plaisir de la symétrie.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 

Vous ne le savez pas mais moi, je la vois. Elle dort, parfois, repliée sur elle-même. En spirale galinacéenne, fragile, forcément. Quand elle dort, elle part. Quand elle dort, elle est en elle, pour elle. Tentez la caresse; vous serez seul(e)s à votre tour. C'est légitime. Vous ne le savez pas mais c'est une déesse qui respire à vos côtés. Ne vous montez pas un thé-âtre mytho-logique. Cette Femme est une déesse comme vous sauriez l'être quelques fois.

Silences. Oui, c'est au féminin pluriel même si cela ne se voit pas.

D'ailleurs, il fait nuit et vous ne voyez rien : vous ressentez. Une vague onirique déplie une de ses jambes. C'est très lent. Pour un peu que vous voudriez stopper cette mécanique magie ce serait palpable. Et suave. Mais non, vous n'allez pas faire une chose pareille. Notez qu'elle n'est pas dans ce déploiement partiel et involontaire. Multipliez vos silences, ça finit par parler.

 ---------------------------------------------------------------------------------

Maizz il y a quelque chose. Quelque chose entre la peau et la caresse. Il parait qu'on le nomme "désir". Vous avez soif, faim. Elle.

Je vais prendre une bicyclette, nous serons en été. Le foin fleurera autour des chemins Les genoux rougiront. " C'était quoi déjà le nom du livre de Mao ?".

- Pourquoi tu te poses la question ?

- Ch'ais pas, j'me demande.

----------------------------------------------------------

- Tu es bien ?

- J'ai quand même un peu froid.

- Viens. 

 

 

dimanche, 16 mars 2008

Un toi à soie

Ce n'est qu'une sorte de Teaser. Un tisonnier aussi, qui irradie la pulpe de mes doigts depuis quelques moi-s. Je dispose du temps que je me concède pour vous le tendre bientôt. L'heure viendra où mon temps à vous l'écrire et le vôtre à me lire trouveront leurs superbess coïncidence. En attendant God-eau et ses soeurs, veuillez croire en ma déraisonnable pensée.

On the lake again. 

mercredi, 27 février 2008

Les colonnes HAUTETFORT

L'aimable hébergeur de ce blog a visiblement modifié (en amont) quelques paramètres ...Les colonnes se sont évaporées pour le moment ( ce qui est un fait très rare en architecture ) mais l'édifice tient quand même à poursuivre sa route avec vous et à trouver le moyen de revenir à une configuration plus conviviale ...( ce qui se tient en archilecture)

A suivre

(infos bienvenues en commentaires ;o) ) 

dimanche, 10 février 2008

BABEL OUANE

Si l'on en croit la légende, les langues ont été crées par Dieu pour punir les humains de leur prétention.

If one believes the legend of it, the languages were create by God to punish the human ones of their claim.

Wenn man davon die Legende glaubt, sind die Sprachen pro Gott entstanden, um die menschlichen von ihrer Forderung zu bestrafen.

Se si tiene conto della leggenda, le lingue sono state create da dio per punire gli umani della loro pretesa. 

Se crê-se a legenda, as línguas foram criadas por Deus para punir os humanos da sua pretensão.

Si se cree la leyenda, Dios creó las lenguas para castigar el humanos de su pretensión. 

 

Et ça devient clair lorsque l'on repasse de l'autre à l'une,
 en traduction littérale. 

Voyez plutôt : 

 Anglais-Français : Si on croit la légende de lui, les langues étaient créent par God pour punir l'humaine de leur réclamation.

Allemand-Français : Si on croit la légende, les langues sont nées par dieu, pour punir les humains de leur exigence .

Italien-Français :  Si on tient compte du légende, les langues ont été créées de dieu pour punir les humains de leur prétention.

 

 

275b4b49c695bc6846a6215167e3a55f.jpg

 

 Εάν θεωρεί το μύθο, οι γλώσσες έχουν δημιουργηθεί από το Θεό να τιμωρήσουν humains της απαίτησής τους

 

 

 

dimanche, 03 février 2008

Is she pulling my leg ?

9f636d699b3ed70eea3d7e046d75a2b4.jpg

"La femme est une poupée et l'homme un jeu de roulette. Russes."

(PM Stallaert - Chroniques d'une banlieusarde. Page 7)
 

           Dans cet ouvrage, l'auteur nous incruste dans ses marches dans les villes et cités de la banlieue est parisienne.

On lit, page 35 : " Le 93 n'existe pas. Invention de marketing politique. Les misères concentrées et retraduites. Symbolisées. Reniées. Nous sommes tous responsables.".

C'est à ce moment là que j'ai repris ma lecture depuis le début : cette femme n'utilise jamais ni les virgules, ni les guillemets, ni les points de suspension, d'exclamation, d'interrogation. Et pourtant, elle respire, elle caresse le doute, elle exprime ses téléscopages humanistes, elle nous fait éprouver les questions qu'elle se pose. Elle ne connait pas non plus le "retour à la ligne" et les paragraphes et pourtant, on ne se sent pas oppréssé.

Je suppose que c'est la distance qu'elle met pour nous protéger et, par l'allègement des codes d'écriture et de lecture nous inciter à l'Essentiel et à la simplicité élementaire pour aborder son monde à soi, fragment du sien.

Je le suppose d'autant plus fort qu'hier, j'ai lu un long email d'une autre femme, une cinquantaine de lignes. Je me suis rendue compte que ce message était littéralement truffé de " ", de ..., de !! , de ?? ...le tout dans une construction à l'aspect aéré via les retours chariots ou les lignes bien sautées. Au delà des mots couchés, j'ai alors ressenti de plein fouet le chaos de son expression. Aucune phrase n'était posée pour elle même mais laissée à l'interprétation presque trop tyrannique ; allez savoir ce que se cache quand on suspend sa phrase !

Ce n'est pas parce qu'on use de la ponctuation que l'on se révèle incertain ou pervers comme ce n'est pas parce qu'on n'en use pas que nous sommes nimbés de Sagesse. Encore une fois, cela repose sur l'honnêteté de soi dans son rapport avec les autres

Dans la bulle internétique, une certaine néthiquette nous renvoie à cette question par l'usage modéré des smileys ou émoticons voire, parfois, le refus tout net d'une expression en langage sms (Cela dit, est-ce seulement un "langage" ou seulement un système de langage? ).

J'ai passé le reste de ma nuit à lire les chroniques d'une banlieusarde.
Plus qu'hier, je refuse la complaisance égocentrée. Or, maintenant, je commence vraiment à comprendre pourquoi. Il faudrait que j'en parle à Gila. Je la rencontre cette semaine. Ca tombe bien.

" Un chien tire sur sa laisse. Comme c'est bon. Presque rassurant " ( Page 48 ) 

 
 
 

jeudi, 31 janvier 2008

Un petit goût de bail

64b93ae2645c9ac83037151b31352cf1.jpg
 

Voilà.

 

C'est arrivé.

 

Je vais nous réveiller. Je vais me lever, me doucher, m'habiller, rouler, vous écouter, re-rouler, jouer...
 
En d'autres termes, demain, presque 2 ans jour pour jour après la naissance de ce "boulg", je vais rejoindre nombre d'entre vous de 08h à 18h00. Cela s'appelle "travailler".
 
Alors, dans ce post, je tiens à serrer sur mon coeur plus qu'un petit bout, né.
 

Je tiens à remercier les premiers commentaires qui ont, malgré eux, généré un forum qui acceuillle aujourd'hui de vraies poignées d'amies et 25.000 messages.

 

Je tiens à remercier les lectrices et lecteurs attendu(e)s ou inattendu(e)s de mes frasques brèves.

 

Je tiens, oui, dans le creux de mes mains, ces heures insolites que nous.. que vous ...oh, voyiez, ma phrase n'a pas de toit ! 
 
Je viens de passer plus de 4 ans à la maison. Imaginez seulement les centaines ou les milliers de petits repères qui ont creusé leurs niches. Demain est nouveau. Il l'a toujours été mais je m'étais déshabituée de sa rupture vivante.
 
Nos deux enfants ont 4 ans 1/2. Ils aiment rebondir et gesticuler. Ils se retrouvent, souvent, encore, dans un moment caliné... Et moi, pauvre mamamifère, j'ai été touchée en plein coeur, ad vitam.
 
Mon métier n'a rien à voir avec mes études, mon parcours, mes aimés. Et c'est peut-être bien parce qu'ils sont si différents qu' "on"pourrait les penser opposés.
 
Bref. Revenons au blog.
 
Ce n'est pas la "fermeture", ni moins encore mon dernier post. Juste la fin et le recommencement d'une aventure que je caresse de partager avec vous.
 
"Comment , quand " ?

Je ne sais pas.

 

Nous avons tant à inventer.
 
 
Merci de Vous. 
 

mardi, 29 janvier 2008

La Femme de Trieste

15802c8e5c8e933a6ca998fba85f7176.jpg

C'est à Trieste que j'ai rencontré la grand-mère de Gila.

Elle vit seule dans un appartement près du port.

Avant, ici, habitaient ses parents, ses frères et soeurs, puis son mari, puis ses enfants, puis ... juste elle. Ils ont cependant tous laissé une empreinte d'eux : on les voit encore sourire sur les murs. La grand-mère de Gila, s'appelle ..Gila. Les années ont traversé son corps et ses yeux, elle aussi se consume. Comme c'est naturel. Elle s'en moque et ça la rend belle, au delà de tout. Elle évoque la souffrance et la violence d'avoir perdu des proches avec les nazis, puis sous Tito. Elle ne le fait pas pour gagner mon empathie, elle m'instruit. Non, je ne sais pas ce que signifie vivre dans la peur. Non je ne sais pas ce que signifie l'état de force contre l'état de droit. Non, je ne sais pas ce que c'est de vivre avec une mitrailleuse postée en bas de la rue. Elle ne veut pas que je "sache", elle veut nous éclairer. Elle m'explique aussi qu'elle n'est pas la seule. Qu'en ce bas-monde, des millions de vieilles femmes ont la juste mémoire des Hommes. Elle m'explique aussi que certaines ne sont pas en paix, que l'âge n'est pas un gage de respect.

Elle parle doucement, elle choisit ses mots. Son français est parfait et ciselé, je ne vous cache pas que cela m'a surprise. Alors, j'ai osé lui demander :

Moi : - Où avez-vous appris à parler le Français aussi bien ?
Gila : - Pourquoi ne me demandez-vous pas où j'ai appris l'Italien ?
Moi : - Eh bien ...parce que vous habitez en Italie.
Gila : - Dans une Italie qui parle Allemand encore souvent.
Moi : -  Trieste n'est pas toute l'Italie !
Gila : - Pour moi si, un peu. Pour répondre tout de même à votre question, belle petite, il se trouve que ma mère s'était éprise de votre pays et de ses auteurs de son époque. Ainsi, le soir, à la place d'un conte, je l'entendais en français me lire L'éducation sentimentale , par exemple. Comme elle, j'ai du quitter l'école vers mes 9 ans, mais j'ai gardé ce bonheur.
Moi : - Et qui lisez-vous aujourd'hui ?

Gila : - Venez avec moi, je vais vous montrer quelque chose...

 

Nous nous levons. Elle ouvre une porte dérobée sous le plancher. Des marches, elle s'y engouffre avec une aisance déconcertante. Je la suis, bien plus malhabile. Nous arrivons dans une cave au sol nu. Quelques meubles bâchés, quelques bouteilles empesées de poussières. Elle sourit.

 

Gila : - Nous y sommes presque.
Moi : - Mais quel est cet endroit ?!
Gila : - Enfin, mon petit, vous ne voyez pas que c'est une cave ? 
Elle rit de sa plaisanterie et me montre une brique.
Gila : - C'est là. 

 

Elle attrape un maillet en bois et frappe 3 fois 1/2. Quelque chose s'ouvre. Je ne parviens pas à distinguer au début ce dont il peut s'agir, mes rétines sont submergées d'un halo mordoré. Alors je ferme les yeux et elle me dit :
- "C'est bien, Petite. Tu comprends vite"

Elle me prend la main et nous avançons. Me voilà dans la "caverne de Trieste", dans la mémoire extraordinaire des encres ou ancres d'une Femme. Des milliers d'ouvrages, tous reliés. Derrière nous, la porte se referme. A travers mes paupières, je sens que je vais m'accommoder des luisances.

 

Gila : - Voilà près de 200 ans de votre littérature.
Moi : - Pourquoi les avoir presque enterrés ?
Gila : - Pour qu'ils reposesnt en paix, jeune fille. Dans des temps pas si reculés que cela, nous cachions ici des "menacés". Qu'ils le furent par naissance ou par conviction, mère et moi pensions que cette compagnie les sauverait, de toute façon.
Moi : - ...Mais..
Gila : - Mais quoi ?
Moi :- ...Mais...ils ne comprenaient pas tous le français ! Si ?
Gila : - Justement ! 

jeudi, 24 janvier 2008

Vases communicants

Vases communicants ou vases communiquants ? Encore une question. Non : Un Empire de questionnements.

J'étais fatiguée. Mes yeux et mes joues se sont ternis d'un coup. Mes cheveux se sont brusquement asséchés. Mon humeur est devenue plus fluctuante. Mon coeur se portait comme une enclume. J'ai même chopé un rhume. J'ai perdu du poids et des idées. J'ai découvert des douleurs articulaires. J'ai souffert de migraines absolues. J'ai fais des cauchemars. J'ai rendu tout mon 4heures du mat'. J'ai pleuré. J'ai refumé et bu mais, surtout, les légumes tant aimés sont devenus des emmerdeurs. Je ne savais rien du pourquoi de tout cela , et bien entendu je l'ai refusé, nié. Trop de belles choses me caressent les poils en ce moment, et dans le bon sens s'il vous plaît !

Comme vous, j'ai connu des phases dites "à vide", alors, comme vous, j'ai poursuivi mon chemin d'un pas presque léger en acceptant les mystères de cet affaiblissement général dehors-dedans réel et bien concret . Je n'ai pas cessé une seconde de me tourner "côté soleil" ; ce n'est pas parce qu'on ne le voit pas qu'il n'est pas là. Ce n'est pas mystique, c'est scientifique.

Au bout d'une centaine d'heures à ce régime là, j'ai préféré en parler à ma compagne. Je commençais à avoir peur que cette "chose" dépasse ma joie de vivre et ma maîtrise des monstres, que cette chose s'étende sur notre monde comme un plaque de mazout ou un abominable malentendu. "Non, mon coeur,  je ne suis pas déprimée !! Je ne sais pas ce que c'est, j'ai l'impression ...de me vider." .

Pourtant, tant de choses me remplissent et me rechargent encore !

Et puis, mon b-père a fait sonner le téléphone. Maman est de nouveau malade depuis quelques jours. Sérieusement, concrètement, réellement. Elle souffre.

Vous savez, au moment où sa propre mère livrait son dernier souffle, elle, à 3h du matin, à 300 kilomètres de là, a bondi dans son lit et a juste dit à mon b-père : "Maman est morte".

Maintenant, je sais. Du moins, je pense savoir :

Nous sommes tous reliés les uns aux autres, nous sommes nos propres fractales involontaires. Et ça, ce n'est ni mystique ni scientifique. C'est du ..vivant.

Si seulement l'énergie prise pouvait nourrir l'"autre" ...


 

 

 

mercredi, 23 janvier 2008

Z..comme Zézette, Epouse XX.

1aee5c9dd08937a557ed3edd3987b4c7.jpg

Lorsque j'avais dans ma dizaine d'années, j'avais des attirances tranchées et particulièrement inédites pour mon entourage. J'étais alors littéralement fascinée par l'exploration, la spéléologie, l'archéologie, l'écriture, le dessin et la fabrication de machins un peu Zarb'is via ma malette en bois de bricolage. Le sexe, aussi.

Tout cela m'est revenu, aujourd'hui même avec la puissance d'un tir mal calculé. Je ne suis pas née lesbienne. J'ai toujours aimé les Humains. Il faut croire, toutefois, que nos hommes ont été pervertis par l'éducation et le carcan social pour devenir les ombres d'eux-mêmes. A force de vouloir nous caser, on se trouve des niches...

Bref, on nait puis on est. Ou, on apprend, justement, à le devenir.

Parce que je ne prenais aucun plaisir avec les froufrous et les poupées, parce que mes projets de vie n'étaient pas ceux de la belle au bois (surtout pas) dormant, parce que je préférais mettre des bottes en caoutchouc pour marcher le long des rus, vous avez dit : "C'est un garçon manqué". L'expression "fille manquée" n'existe pas... C'est étrange d'être un Homme libre qui s'ignorait mais que vous avez ravalé.

10 ans plus tard, je n'étais plus "un garçon manqué", j'étais con-voitée par les Hommes, les hommes et ..les femmes.

Moi ? Moi, je cherchais à aimer. J'avais relégué mes bottes en caoutchouc et autres ferveurs pour m'attacher à la plume et à vos totems et tabous.

Encore quelques années : J'ai appris à apprendre les hommes qui aiment les Hommes, les hommes qui aiment les hommes, les femmes qui aiment les Hommes mais pas les hommes, les femmes qui n'aiment que les femmes qui seraient des hommes, les femmes ...les Femmes ...les Hommes...les hommes.

4 points de départs : des xxxx de possibilités. L, encore, je me suis sentié "décalée".

Des hommes, entre eux, étaient très proches. mais ils se défendaient de s'aimer : "On est pas des pédés !". Des hommes, entre eux étaient tout proches, mais s'ils s'enculaient, ne s'aimaient pas pour autant.

Derrière tout cela, il me vient une sorte de question : Est-ce l'amour ou le sexe qui l'emporteront ? Qu'est ce que l'Humain ?

Pourquoi ça nous colle au bout des doigts ? 

Toto n'en sait pas plus. C'est méga con. Heureux,  qu'il reste !

 

mardi, 22 janvier 2008

Bohémienne et Voyageuse

4ee4d30deeb65f479bce0be0d4e81bc6.jpg Toto a demandé à ses copains:

  " Bohémienne et Voyageuse sont dans un bateau. L'une des deux tombe à l'eau.

C'est qui-qui reste ? ".

 

Après un silence dit "de circonstances", les réactions affluèrent.

La plupart des copains partirent en haussant les épaules, en crachant par terre ou en lâchant "elle est trop nulle celle-là". Certains même, pétèrent.

Parmi ceux qui restèrent, on entendit : " Ta mère". Une paire de lunettes osa " C'est qui-qui tombe ?".

Toto était bien embêté car lui-même ne connaissait pas la réponse à sa devinette et voilà que son copain lui en collait une autre.

 

Moralité : Quand on est enfant, les questions sont devinettes. Quand on est adulte, les questions sont problèmes

 

Constances de la chose

  1. Les questions emmerdent le monde.
  2. Les réponses aux questions sont souvent d'autres questions.
  3. Pourquoi faut-il que quelqu'un tombe à l'eau ?

vendredi, 18 janvier 2008

Les lionnes veillent encore....

980c68f16ed2b04fff1a888997d4e1fd.jpgGila :  - Les lions m'ennuient. Les hommes m'ennuient.

Moi : - Vous connaissez beaucoup de lions, Gila ?

Gila : - Je connais surtout les hommes et, même eux, dans le fond, préféreraient les lionnes. Mais ils ne savent pas. Et moi, je sub'odore.

Moi : - Alors... le Sphinx de Gizeh, c'est un lion ou une lionne ?

Gila : - Je ne sais pas, je ne l'ai pas entendu rire...

Moi : - Et cette Lionne dite "de Guennol" ? Vous l'avez entendue ?!

Gila : - J'ai eu la chance de la voir avant sa vente. Elle est très petite, vous savez, dans les 8 cms de haut. C'était il y a longtemps, en Mésopotamie ... Elle est si âgée, maintenant et si belle, en même temps.

Moi : -  Elle est ...superbe.

Gila : - Je vous prie de laisser votre femme au bestiaire ! 

jeudi, 17 janvier 2008

Rock & Rocks for you

3262805e753dcac260e9e4c97aaaedab.jpg Je veux que l'amour devienne des guerres impuniques.

Tu seras Rome, je serais Carthage, pour la première. Nous redistribuerons les rôles à la seconde.

Nous ferons flotter nos corps et nos pavillons sur les plages du monde. Nous aborderons les navires et les vaisseaux avec 10.000 ans de grands écarts.

Tu seras mon aile, je serais ta cuisse. Nous serons maudites, nous serons heureuses.

Je veux que l'amour devienne un carnage. Sans sang.

Epuiser nos forces, non sur un tapis roulant à vitesse réglementée, mais sur un circuit illimité. Crédit de nous. Nous jouerons de vitesses multiples et complexes. Accélérations, décélérations. De la gomme sur nos sols, sur nos murs ...des fumées filantes dans le ciel. Des tracés éphémères et puissants. Des tornades de toi, des bourrasques de moi.

Je veux que l'amour circule en avalanche dans nos veines. Affoler nos coeurs. Rendre à nos sommets leurs prouesses et leurs risques. Exalter la puissance merveilleuse de notre vivance

Je veux aussi des territoires reposés. Immenses et bienveillants. Des espaces qui stoppent tout mouvement et qui nous plongent dans des quasi-silences engagés depuis fort longtemps. On parle souvent de la vitesse de la lumière. Et pourtant, elle prend son temps. Je voudrais que l'amour, notre amour, hérite de cette trajectoire irraisonnée mais résonnante. 

Une trace de ton pas pour y ceuillir le sourire de la vie, la flamboyance de celle-ci.

Je veux être amoureuse, sans cesse, mais avec "S".

Ce matin, alors que nous étions accaparées par nos rôles respectifs du quotidien, je t'ai regardée. Vraiment regardée. C'était d'autant plus facile et discret que tu me tournais le dos. Je ne sais quelle magie alors t'a auréolée, mais ta silhouette, tes gestes, tes harmonies se sont transportées quelques nanos-secondes dans un autre univers que je savais être seule à voir. Plein de mots se sont bousculés pour t'approcher. Je n'ai choisi ni les plus tendres, ni les plus évasifs, ni les plus confiants. Je les ai tous gardés, en moi. Depuis, ils tournent dans mon ventre et dans ma chair.

Cela doit être ça : " T'avoir dans la peau". 

 J'aurais du me reconvertir en "maréchale-ferrante". Non, tu as raison. C'est une F.B.I.