lundi, 27 octobre 2014

La corde à voler

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Icare ou... I Care ?

Plus d'ailes sous le soleil, juste une corde et une voilure arrondie qui ressemble à une méduse ou à un parachute. Un lien, un câble, qui nous tient et nous relie. Sous nos pieds de tailles respectives 34 et 41, une eau claire et lumineuse qui laisse entrevoir la vie sous les quelques vagues à peine expressives de cette part d'océan. En haut, il fait bon, il fait doux, il fait don, il fait fou. Nous rions, oui. Nous nous taisons, aussi, beaucoup. Entre l'euphorie et la contemplation, du haut de nos 11 et 43 ans, aucune d'entre nous ne parvient à faire vraiment un choix. Alors, on se laisse porter, certaines cette fois de retomber en douceur. Moment de grâce. Icare est si loin qu'il peut rejoindre Dédale, son père.

Cette envolée n'a pas été pour autant une révélation, juste une sorte de concrétisation de rêves qui nous parcourent tous, au moins une fois. Toucher le ciel du bout des yeux, en vrai, ne permet pas non plus une Rédemption, mais on éprouve par la corde un sentiment paradoxal de détachement, de rapprochement, de liberté.

I care davantage et -en clin d’œil à l'hébergeur de ce blog démodé- il existe une règle collective là-bas : le dire HAUT ET FORT.

 

 

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dimanche, 01 septembre 2013

Inique à certains étages




Ce que j'ai retenu de l'opuscule de Stéphane Hessel, c'est surtout son titre : "Indignez-vous". Une sorte de résistance à petite échelle. Un "non" individuel qui pourrait devenir plus que collectif : communautaire. Nous avons tous et toutes de belles raisons de nous indigner, ce ne sont pas les sujets qui manquent mais plus souvent notre énergie à les affronter, non ? Depuis le coin de bureau d'où je vous écris depuis quelques années, il me vient à l'idée qu'il n'y a pas de petites ou de grandes causes mais des influences raisonnables qui peuvent se liguer à échelle. Et, puisque ce post n'est pas un twitt je ne suis pas limitée à 140 caractères pour vous raconter ce qui me mobilise à vous indigner aujourd'hui. Attention, la suite est politique, humaine et presque dérisoire : âmes insensibles s'abstenir !

Il était une fois, une ville populaire, dans le sud-ouest de la France. Avec 1936 et les premiers congés payés, les ouvriers y emmenaient leur famille pour trois sous et trois semaines.  Les résidents étaient souvent des artisans de bouche, de mer ou de pierre. Après-guerre, cela s'est un peu compliqué puisque les enrichis lorgnaient le monopole des joies privatives sur les bords de mer (sauf en Bretagne). Petit à petit, cette ville a changé son fusil d'épaule. Dans ses murs elle est restée presque intacte, et ses artisans ont tenu bon. Les pêcheurs pêchaient, les maçons façonnaient, les boulangers pétrissaient, les pompiers pompaient, les loueurs louaient, les restaurateurs restauraient, les parfumeurs parfumaient. Et toutes ces familles s'y retrouvaient. Tous ces artisans là gardaient l'esprit de leur région et de leur Histoire, même si le public changeait, ils ne cédaient pas à la mondialisation. Tout cela existait et coexistait de manière patiente et palpable, jusqu'à l'apogée de la consommation, de la mondialisation, de l' "idiocraty" (film à conseiller). Du coup tout a flambé, et pas seulement les prix, mais l'esprit. Nous voilà en l'an 2000, et cette ville demeure somptueuse mais rincée et politisée au dernier degré. A celles et ceux qui lisent Astérix, la page de garde s'exprime dans cette ville : il reste un village qui résiste. Dans ce village, je connais une Falbala. Depuis au moins 3 générations, elle préserve et valorise une potion magique : "Ecume d'Arcachon". Ce parfum n'en est pas un, il est l'habit de la côte, l'inspiration discrète et prégnante du bassin. Qui le porte habille et embrasse près de 100 ans de brises, d'étoiles, de vagues et de tempêtes. Falbala n'en fait pas une dune, sur une borne élégante en bois de mer, collée à sa vitrine, elle offre aux nouveaux arrivants de le découvrir librement. A l'intérieur, une boutique de bien-être aux produits sélectionnés et aux conseils avisés. Le cadran tourne plus vite que le soleil et, aussi sûrement que facebook et twitter renvoient les blogs au rebut cybernétique, le chef du village décide bizarrement de laisser les opticiens, cafés, glaciers et cartepostaliers dégorger leurs produits sur le trottoir tandis qu'il interdit à Falbala de laisser vivre son histoire. C'est politique et tout le monde s'en fout. Enfin presque. Falbala a lancé une pétition, il lui manque moins d'une centaine de signatures. Je compte sur vous, sur votre énergie, elle aussi, surtout.

Et oui, les blogs survivent pour ceuss qui les ventilent

Voici votre lien objectif pour agir à échelle :

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/m-le-d%C3%A9put%C...

 

REVE DE SENTEURS ARCACHON


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mercredi, 09 janvier 2013

OUPSS

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dimanche, 02 septembre 2012

A pas feutrés

dis-moi des bêtisesLune est revenue, nue, ou presque. Une veste de velours auburn ouverte sur les adrets de sa poitrine qu'un fichu de mailles parvenait à peine à intimider. Elle tenait le pavé haut et le sourire léger, sa cambrure - bien que toujours imparfaite- désarmait ses talons et toute ma surprise. J'ai jeté un regard furtif sur sa jupe courte en satin noir qui pulsait à chacun des  pas qu'elle lui octroyait. Un peu plus loin, Sacha, les mains sur les hanches, se posait comme encore intriguée par la Pyramide du Louvre. Le silence m'a semblé total, comme une apnée. Nous étions alors dans les coulisses d'une scène de théâtre avant la première. Lune n'a pas dit "bonjour", elle a auguré : "Dis-moi des bêtises". Vaste vide ! Tandis que le silence s'assourdissait et que les Phèdres avançaient telles des phasmes, son rire fuse et retourne Sacha. Un touriste naïf lui a demandé de le prendre en photo. Elle a précautionneusement ausculté l'appareil tandis que le touriste se précipitait pour lui montrer le déclencheur. Pour autant, Lune poursuivait l'inspection. Elle s'est subitement contrariée, un peu. Sans l'oeilleton, le cadre ne portait pas le tableau. Le touriste découvrira, sur le tard, que Lune avait opté pour clicheter une glace au chocolat renversée par terre. " Allez, dîtes-moi des bêtises, les filles". Sacha lâche : " La femme commence là où finit l'histoire". Lune apprécie, mais en demande davantage. "La bêtise, c'est d'être surpris", allonge-t-elle alors. "C'est du Barthes, je te reconnais bien là". J'intercale Montherlant : " Après avoir fait l'amour, le premier qui parle dit une bêtise". Le soleil se couche, le dîner s'étire, Lune évolue à pas feutrés. Les pas parlent, les bouches se lient.

Le lendemain matin, c'est elle qui ouvre : "Chiche ?"

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mardi, 12 juin 2012

CREDO

Je crois que je suis ...

Alice au pays des merveilles, lapin Blanc, en retard

A ne pas confondre avec :

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dimanche, 05 février 2012

Note folle

On ne nous ment pas : on nous abîme.

Au début, ça commence avec un "i" à l'accent circonflexe, c'est à dire : "un diacritique vocalique indiquant la syncope d'un son voisin, consonne ou voyelle en hiatus" *. Ce qui n'est pas anodin, même si relativement abscons, à première vue.

Le fameux hiatus est capable de s'afficher avec un "i", grec. Ce qui nous suggère "abyme". Notre académie s'y perd mais ne s'y abandonne pas. Est-ce parce qu'il existe un manque de mesures entre la dégradation et le gouffre ? Un flou entretient cette question.

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Après, reste la question du "on".

* = Atlif

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dimanche, 18 décembre 2011

Pour ne pas se tromper de soi dans un train

foulard, patricia-m Sur la banquette en skaï brun, les distances, comme les personnes en présence, s'égrènent aux kilomètres par heure. Derrière la vitre securit, Les champs sont clairs ou clairsemés. Le compartiment est ancien, même pour moi. C'est agréable.

Nous nous regardons moins les uns les autres que nous nous attachons à nos divers écrans virtuels. Les tissus frottent à peine, sans doute un signe d'une concentration soutenue ou d'une intention affichée de ne rien laisser paraître. edward hopper 1938Un de vos mails vient de se frayer un chemin jusqu'à moi en quelques secondes. Vous, à Paris, moi, dans un autre monde où l'heure est bleue et les aiguilles, de glace. Vous dîtes que mon absence vous pèse déjà, un peu. Que Lune se propose de nous offrir le voyage pour deux en Ispérie, qu'elle vient de recevoir de sa DRH avec son solde de tout compte. Que l'air est presque respirable ce matin à Paris et que vous avez vu des moins de 15 ans dans la rue pour la première fois depuis 3 semaines. Que vous m'aimez. Que vous avez mis ce matin le foulard en soie acheté la veille de notre rencontre. Pas un seul de vos mots ne m'échappent, ils s'ancrent même. Ils se déroulent avec moi sur les rails. Je reprends la lecture avec la même assiduité et la même curiosité, sans ciller. Il s'agit de bénéficier de vos évocations dans le secret et la retenue.

Une femme, dans un uniforme désuet mais bien porté, vient de nous solliciter à présenter nos titres de transport. Elle vient de scanner nos 4 montres en soupirant. Avec la nouvelle loi, pas moyen de voir ses yeux, ni ses mains. Je regrette tout à coup cette époque, pourtant pas si lointaine me semble-t-il, où les mains des voyageurs croisaient pour un instant celles des contrôleurs et enclenchaient un regard d'entente tacite, humaine.

Envie de prendre le couloir. Je sors vers le wagon restaurant, dans la voiture suivante (ou précédente, tout dépend du sens). Un maître d'hôtel aveugle et déférent, me guide jusqu'à une place oubliée. La nappe blanche me renvoie celle de nos draps. Je joue avec la chaînette de la lampe. Elle glisse, de maille en maille autour de mes doigts. Le métal n'est plus froid maintenant que le bois est interdit. Je pense avoir passé moins de 50 kilomètres à choisir mon menu. Je lorgne sur mes écrans car je voudrais te répondre mais le train s'arrête en gare de H. , plus de réseau. Plus d'instantanéité possible et tout message envoyé alors serait à la merci du Bureau des messages perdus. Tout s'arrête, sauf un vague flot de nouveaux voyageurs qui s'engagent avec leurs valises dans les voitures dédiées. On revient interroger ma montre, le menu se fera en fonction de mes hyperboles de santé et de celles de mes revenus. J'ai encore du mal à m'y habituer, mais j'ai cracké mes statuts depuis longtemps pour profiter de vrais repas, quand je suis ailleurs. J'ai ton foulard dans les yeux et les souvenirs précieux qui l'accompagne. Le train repart, je suis servie. Je mange doucement en faisant semblant de ne penser quà ça. J'entends 3 détonations assourdies; pas de billet, sans doute. Bientôt, sur les vitres, le paysage sera remplacé par l'image des 3 resquilleurs. Exemples. Je sais d'avance que cela ouvrira quelques échanges verbaux réglementaires. Surtout ne pas dire : "Celui-là, je l'ai déjà vu". C'est facile.

Le réseau n'est toujours pas revenu. La chaînette m'ennuie. Les visages s'éffacent et les paysages reprennent leurs cours. J'ai planté mon programme : le poisson était vivant dans mon assiette. Ton foulard est la seule chose qu'il me reste. D'un air morne mais rieur en deça, je me souviens avoir gardé ce que nous appelions "un stylo".

Je quitte le wagon restaurateur. Ma place est intacte dans le compartiment. Je ferme les yeux. Demain, je t'écrirais : "Ton prénom est écrit sur la nappe".

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dimanche, 27 novembre 2011

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samedi, 19 novembre 2011

Périph'

périphérique paris Un soir, dans l'ascenseur de mon entreprise, nous étions 3 casques en présence.

L'affaire est statistiquement suffisamment rare pour être relevée. Elle ne nous a pas échappée.

Le premier protagoniste avait un blouson renforcé noir et blanc, assez usé, le second, un 3/4 noir synthétique aux épaulettes de gladiateur moderne, et moi, la troisième, qui avait troqué la carrure contre un col de fourrure en poils de lapin (oui, c'est plus féminin).

Nous avions un point commun : le challenge du périph' parisien.

Nous échangeons quelques mots essentiels. Pas un jour sans assister à un accident. Pas un jour sans user du freinage d'urgence ou de l'évitement consacré. Mais nous sommes vernis : sur cette partie du périphérique parisien, les 2 roues - quels qu'ils soient - sont tous des motards dans l'esprit : pas question de prendre de risques inutiles pour "gagner" une poignée de secondes, pas question de remonter les files sur les voies de droite ( même si- hélas- les remonter à gauche reste "illégal" et pourrait vous manger 6 points d'un coup), pas question de ne pas tenir compte de celui qui vous succède et qui jouera du guidon à sa guise. Bref, un code de conduite, presque une charte.

Bref.

Nous enclenchons chaque jour des trajectoires respectueuses et mesurées. Mais la concentration est maximale car les 4 roues s'agacent souvent de l'embouteillage et décident tout à coup de virer sur une autre file. Nous, les "2 roues", on vous mate, le saviez-vous ? Juste pour sauver notre peau et nos os, voire nos vies entières. On mate vos roues avant qui indiquent bien avant vos clignotants la direction que vous allez prendre. On mate les trous dans des files qui tournent à moins de 20 km/h dans lesquels vous cherchez à vous engouffrer. Nous sommes vulnérables. Votre carrosserie pourrait nous emballer, ce serait si violent. Nous n'avons pas la clim. Nous sommes nus et seuls, au milieu de vous. Pas arrogants.




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vendredi, 11 novembre 2011

Slow Sex

love.png Bruissements. Palpitations. Les 2, et dans le désordre encore ! J'effleure quand même. Je m'attarde, surtout. Mais je ne bouge pas davantage. La fleur de ma main poursuit son parcours en soie sous les draps de coton. Derrière tes paupières closes, je surprends un lien. Peut être un voile. L'impression est forte, comme une eau. Nous sommes dans les prémices d'une esquisse quasi-artistique. A mon tour de refermer les yeux . Jouer avec la persistance. Rétinienne. Je vascille légèrement d'en dedans. Tu le ressens et pour quelques secondes nous voici suspendues au temps que l'on occupe et que l'on venge. Tu t'insinues en moi et tes courbes s'engagent avec une autre persistance. Reptilienne. Entre nous, les silences enflent sans gronder mais se dissolvent dans nos poitrines. Ta bouche m'arrive comme une pluie d'été sur une terre nue que je croyais fatiguée. Tu nous prends ensemble, moi et le fameux temps. Ainsi, nous sommes parfaitement seules, lentement. Ce n'est pas dans l'ordre orgasm.jpgdes choses car la confusion s'intéresse et le plaisir se déploie en langueurs. Non, pas monotones.  Nous jouons avec les rouges braises. Tu m'attises. Ton souffle est presque aussi chaud que tes lèvres. J'ouvre les yeux parce que ma peau réclame le droit de ne plus s'occuper à te regarder. La première image est belle, audacieuse, provocante : entre mes jambes, tes cheveux caressent une danse délicate et mystérieuse. Tu relèves un peu la tête et nos regards se lient comme deux métaux en fusion. Un son m'échappe, en fait, il va vers toi et ne se perd pas en chemin. Il a du te dire quelque chose de très particulier puisque tu changes tes appuis avec la souplesse d'un enchaînement maitrisé et fébrile. Ta vie toute entière me submerge le ventre, tu m'inondes de ta flamme. Embrase-moi.

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mardi, 25 octobre 2011

Humeur Diaphane

http://malafouine.fond-ecran-image.com/blog-photo/Elle est d'humeur diaphane. Ce qui augure une soirée plus délicate que fragile, plus évasive que réelle. Voire, les contraires. Mais ses yeux ne me perceront pas et elle devra me regarder au delà comme si elle devenait capable d'étirer la vision de chaque chose sur une infinité de pans de coupe, reliés.

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Il n'y a bien que les murs qui pourraient l'arrêter. Je me suis arrangée pour lui donner rendez-vous dans ce restaurant aux sons feutrés et presques obturés. Celles et ceux qui le connaissent y ressentent de la mélancolie ou une molle soumission à la désespérance ou le franc appétit d'un ailleurs. Celles ou ceux qui ne s'y sont pas frottés auraient déjà l'envie d'être loin; ce serait presque une insulte même s'il m'arrive - je l'avoue- de douter aussi. J'ai davantage honte à admettre qu'il m'arrive la tentation de les croire.

Il faut dire que je suis moins brillante qu'elle. Ce n'est pas une question de luminosité. Je tente de vous traduire que son intelligence et sa forme d'être forment une telle cohérence évolutive que je me sens bien souvent balbutiante et grossière. En cas de crise, je n'ai rien à briser, alors je mange des mac Kébabs. Remplissants. Quand elle puise en moi le supplément de vie du cornichon qui lui est nécessaire, il me semble qu'elle plonge et nage comme dans un livre ouvert. Elle remonte parfois avec un peu d'encre sur la pointe des cils, mais moi, je ne sais rien et pas davantage. Parfois, je m'ose transparente. Je lui pose des questions et je m'aventure à accepter ses réponses. Avouer que je ne sais rien d'elle parce que je lui donne tout, c'est une victoire réciproque. De toute façon, le "tout" est aléatoire. C'est heureux.

Ce soir, elle est d'humeur diaphane et cette nuit, nous ferons l'amour entre éthérées. Alors, elle pourra puiser avec arrogance et confiance entre nos cuisses mêlées ou toute autre partie qu'on ne saurait atteindre seules.

Ce n'est pas une histoire de rythmes, ni une endurance d'élans.

Ce serait comme une étreinte

Fantastique

dans laquelle se mêlent l'espoir et son vivant.

Au dernier frisson de son ventre, il sera temps, pour moi, de déposer le poids de mon corps sur le sien. Elle le défiera.

Serais-je à l'heure, ce soir-toi ?

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jeudi, 22 septembre 2011

Confort moderne

- Allô ? ...Je ne comprends pas ce que tu dis !... Tu m'entends ??

-  D'ici j'entends tout, c'est la règle.

Avançons donc, même en tatonnant. Ne pas se plier aux obstacles. Dans cette scène d'objets cachés, y'a pas de torche. Il faut donc avancer, yeux nus et pupilles dilatées. Une fleur, une boîte d'allumettes, un arrosoir, une guitare, un clavier, une horloge, une plume.

Je suis allée dans votre jardin, il fleurait bon le basilic et la tomate. Vous m'avez dit de me reposer sur le banc, à l'ombre. J'ai croisé mes jambes un peu trop longues, j'ai fermé les yeux. C'était bien. J'étais à ma place. Il y avait les roses, et le mimosa, aussi. Je suis fragile. Une coupe en cristal. Un machin de truc que l'on bidule. Si je ferme les yeux, c'est pour l'espoir de récuperer . Rien ne marche. Ce n'est pas ce que tu m'avais léguée. Ou bien m'as-tu confié quelque chose que je ne comprends pas encore et qui ne m'était sans doute pas destiné.

Une chaussure, une valise, un plan, une lampe ancienne, un tournevis, une boussole.... c'est sans fin cette affaire !! Je trouve tout, mais sans répondre à la raison qui me pousse à chercher.  C'est vous que je perds de vue, tout à coup. Se reconcentrer sur le jardin, sur votre bienveillance, et sourire encore du don sacré d'aimer qui ne se réfléchit pas, lui.

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dimanche, 18 septembre 2011

KAROSHI

YM_Kuniyoshi_Utagawa_300.jpg Vous êtes venus nombreux à la cérémonie du T, et je vous prie de trouver ici l'expression de ma plus sincère gratitude.

Tant pourtant l'avait précédée. A commencer par celle du Q, sans envergure malgré tout l'intérêt qu'on lui porte souvent. Vint ensuite celle du R, ralentie. Celle du S était sans conteste la plus réussie. Celle du T - Shanoyou- ne m'enjoint pas à essayer celle de U, puisqu'elle l'a déjà enveloppée.

Vous vous souviendrez de ne pas avoir été là, vous vous souviendrez de l'avoir cependant ardemment souhaité. Je me souviens vous avoir chacun et chacune imaginé calmes et curieux, bienveillants et intrépides. Tandis que la pluie s'abattait sur nos carreaux, que la lumière se faisait plus rare et que nos démons s'engageaient en armée d'ombres sur chaque tuile de nos toits, vous, vous avez espéré. Pendant ce temps, je me disais : "Ce monde est fait pour rendre heureux les imbéciles et pour épanouir les intelligents, mais, que reste-t-il, entre-deux ?". Du grappillage. Du grappillage pour tromper ce qui vrille et tord. Du grappillage qui élabore une sorte de puzzle, des fois que l'idée rejoindrait le possible objet.

Sans être venus, vous êtes parvenus à partir quand même. Au Japon, le coeur c'est le ventre. La vie qui le bat est en effet plus dense que ce muscle arrondi, cette pompe élaborée. A cette cérémonie du T, nous avons déplacé sans le savoir immédiatement, nos centres de gravité.

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 Depuis fort longtemps, je me suis présentée ici comme ailleurs comme une juste, un monstre de Résistance. Le courant m'emporte et les ampères s'affolent. J'ai voyagé, j'ai aimé, j'ai louvoyé, j'ai ri (même nue), j'ai inventé, j'ai crée, j'ai sacrifié. J'ai été injuste et lâche aussi. Broyeuse, solitaire, tranchée, dogmatique, menteuse. Que voulez-vous, je suis une passeuse.

Qu'est-ce qui vous éclaire, vous, quand l'hiver tombe sur vos épaules ? Que se passe-t-il, pour vous, quand vos repères les plus sincères explosent aussi surement qu'un piano qui brûle ? Comment affrontez-vous vos paradoxes ? Pourquoi n'avez-vous rien évoqué de tout cela ce jour T ?

Que l'écran fasse son Job.

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« Frappe (la terre) de ton pied: voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire. Et Nous lui rendîmes sa famille et la fîmes deux fois plus nombreuse, comme une miséricorde de Notre part et comme un rappel pour les gens doué d'intelligence. "Et prends dans ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela. Et ne viole pas ton serment »

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Non, je ne vole pas les sarments.

Vous êtes venus nombreux à la cérémonie du T, et je vous prie de trouver ici l'expression de ma plus sincère gratitude....


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jeudi, 18 août 2011

Bob, le Poulpe

Bob, poulpe, bob le poulpe Je vous présente le vrai Poulpe. Il s'appelle Bob et il n'est pas commode. Les matchs de foots, les drapeaux, il s'en moque autant que de votre première chemise. Comme il n'en a pas, il s'en moque davantage. Le cigare, c'est pour la frime, ou juste pour accompagner son regard. Bob, est d'engeance sicilienne. Pas moins. Y'a des rochers, comme ça, qui rigolent pas. Il ne traverse pas dans les clous ( ça fait mal ), il regarde peu la TV ( ça réduit l'espérance de vie de 22 minutes pour 1 heure), il joue avec les labyrinthes (le Minotaure est mort), Rocco l'amuse, la presse l'impressionne, la radio l'onde ... Bref : Bob est dubitatif comme tous. Mais un truc l'embarasse en vrai : les blogs. Est-ce une vue de son esprit ou de ses bras, mais le voilà qui s'enroule autour de cette question : "Plus l'Internet avance, plus le blog recule ?".

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mercredi, 17 août 2011

Quarante ans

Escale

 

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dimanche, 24 avril 2011

Sépia c'que'j'dis ...

Patricia-M

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...et revenir de près !

IMG_1551.JPG Cher Ami,

Vous ne m'en voudrez sans doute pas d'avoir été discrète ces dernières semaines. D'aucun disent que ces semaines ont fabriqué des mois entiers. Moi, je ne sais pas ce qu'est un "moi" entier, même si j'ai été pugnace à servir le calendrier.

Cet hiver , j'ai arpenté un bout de Terre, lointain. Et je me suis sentie loin d'être seule. Comprenez : nous étions 2 ,et accompagnées. Mais c'était loin d'être aussi et ainsi, et c'était urbi et orbi d'être seule(s) parfois parce que le désert renvoie un miroir qui n'existe pas. Mais l'image est là. Et non, ce n'est pas un suaire. Ce qu n'est pas "rien". Mais passons.

Chaque bout du Monde délivre un bout de soi. Très à l'Est, "soi" s'envisage même avec un "e".

Partir et partir. Frayer avec les majuscules tous les jours revient à entamer une équation littéraire et symbolique, sans jamais tout à fait la résoudre. "Je suis partie et je suis loin" n'est pas " je suis Partie et je suis Loin", et l'écart entre les 2 ne se joue pas dans des distances connues, métrées. Alors, oui, cher ami, comme beaucoup, chaque jour : "je pars". Qu'elles que soient les destinations, jusqu'alors, une seule certitude : je ne pars pas seule. Vivances.

Et de ces vivances, je tire des traits de pastels sur les carnets de voyages : des reliefs, des perspectives, des profils ...l'oeil est vif et ravi, l'esquisse est au crayon gras et bleu. La photo arrive parfois, derrière, comme une mule de l'imagination ou de la restitution. Un souvenir qui s'incruste.

Alors, souvent, entre tous les plans, entre tous les azimuts, je défile ces Temps que les valses de vingt-temps ne peuvent pas connaitrent. Et, comme je suis revenue, je ferme les yeux pour prolonger un peu l'espace-Temps, quel qu'en soit le nombre. L'équation probable est en vaquance.

Mon cher ami, je vous reviens non intacte, mais enrichie.

 

 

 

 

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Partir de loin ...

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dimanche, 12 décembre 2010

Les 3 H de Wim Wenders ... mais à Berlin

desir03.jpg Les L du Désir s'envolent parfois pour Berlin.

Pourtant loin d'être des anges à la mèche parfaite et au pardessus intact, les rues collent aux guêtres jusqu'aux semelles qui battent le pavé. "En délicatesse", me dit-elle. La neige et la glace imprègnent les archi-architectures. Colossales sont les 2 mais une seule ose fondre. Nous n'y pouvons rien, c'est une histoire entre elles.

Tout semble possible à Berlin car tout est là, conjugué : passé, présent, avenir. De ces trois temps, même si le pas vous manque, au moins  l'un vient de se glisser sous votre peau. C'est le New-York de l'Est, la valse aux temps choisis.

Il fait froid. Les murs ne savent même plus quoi faire. Les rues s'enhardissent de vous à mesure de vos propres rythmes. Le quartier vous désigne et son doigt n'est pas loin. Vous poursuivez. Poursuivre... Mais dans quel sens ?

Berlin nous pose bien des questions mais elle nous tend bien des voyages, même si nous devions les faire en noir et blanc, par ignorance. Berlin accepte et absorbe tous/tout. Mais elle restitue avec générosité.

Voilà qui est immense et intime à la fois. C'était à dire, je crois.

 

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dimanche, 12 septembre 2010

106..ble

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Souvenez-vous, y'a comme un retour du post du 1 janvier 2010 ...

   1.  Hélicoptère.
   2. Crâne.
   3. Voyages.
   4. Rythmes.
   5. Ecran.
   6. Tendre.
   7. Mejor.
   8. Glissement.
   9. Suave.
  10. Eté.
 

Abandonner l’écran quelques semaines pour que le crâne retrouve son élasticité aux rythmes des voyages, des glissements suaves de l’été. Sur le tarmac, un hélicoptère, et je songe spontanément : « Ce qui ne nous rend pas plus tendre nous rend mejor ».


  11. Elan.
  12. Capture.
  13. Birth.
  14. Appétit.
  15. Sonore.
  16. Vague.
  17. Parcourir.
  18. Secret.
  19. Annonce.
  20. Avenir.
  21. Flinguer.
 

L’élan sonore de ses pales capture encore un peu trop le vague secret de l’Avenir. Comme elles risquent de me couper l’appétit, je parcoure mes chances de pouvoir les flinguer.
Une voix annonce notre vol. Nom de code : « Birth ».


  22. Elastique.
  23. Poudre.
  24. Vitesse.
  25. Ecriture.
  26. Approcher.
  27. Attendre.
  28. Grimper.
  29. Galoper.
  30. Accrocher.
  31. Chatouiller.
  32. Lire.

Il s’agit de grimper en vitesse dans le grand oiseau, pour nous. Galoper, pour eux, nos deux oisillons. Prendre la poudre d’escampette, chacun à sa manière, forcément élastique.  Approcher les nuages puis les accrocher ou les chatouiller. L’écriture n’a pas son temps dans la carlingue, mais lire, pourquoi pas ?


  33. Abandonner.
  34. Carapater.
  35. Déconstruire.
  36. Apprendre.
  37. Oublier.
  38. Détendre.
  39. Claquer.
  40. Libérer.
  41. Incongru.
  42. Inventer.
  43. Caresser.

Il nous reste 3 petites heures avant de nous poser et de nous reposer. A chaque fois, nous savons que nous nous devons d’inventer comment nous libérer sans pour autant nous claquer les portes au nez. Déconstruire n’est pas détruire. Abandonner n’est pas oublier. Conjuguer pour de rire le verbe transitif « se carapater » n‘est pas faire de la grammaire. Se caresser, enfin, n’est pas si incongru : tout dépend de ce que l’on cherche à détendre.


  44. Deviner.
  45. Particulier.
  46. Déhancher.
  47. Brises.
  48. Neige.
  49. Cadence.
  50. Peine.
  51. Salé.
  52. Caducée.
  53. Histoire.
  54. Histoires.

Nous sommes à présent  installés sous les oliviers depuis 3 jours. Leurs cadences sont souveraines et nous offrent comme chaque année le soin de deviner leurs histoires. Une nuit, ils nous ont laissé le soin particulier d’inclure le caducée dans l’Histoire, et ce fut sans peine.
Pourquoi se déhancher quand nos corps salés transforment de concert les vents contraires en brises épidermiques ? Epousailles d’écumes et d’une presque idée de neige.



  55. Outil.
  56. Obscur.
  57. Profond.
  58. Sentinelle.
  59. Indépendance.
  60. Captiver.
  61. Mémoires.
  62. Griffe.
  63. Semblable.
  64. Solitaire.
  65. Vivant.


Ici, l’Outil remplace l’Ecran. Il est simplement bon de le retrouver, telle une sentinelle de l’indépendance humaine, une griffe salutaire aux visages de mémoires. Ne vous y trompez pas, voilà qui est plus profond qu’obscur et d’ailleurs nos enfants ne s’y trompent pas. Qu’il est élémentaire de captiver et d’être captivé soi-même, enfin solitaires jamais seuls. Tous vivants, en somme.
L’addition est belle.


  66. Oubli.
  67. Descendre.
  68. Activer.
  69. Estimer.
  70. Défendre.
  71. Reprendre.
  72. Alléger.
  73. Comprendre.
  74. Appuyer.
  75. Entourer.
  76. Décaler.
 

Descendre jusqu’à la mer de Lybie en quelques tours de roues. Se laisser entourer par ce qu’on a laissé derrière nous, pour nous alléger et comprendre. Certains appellent cela tenter « l’Oubli » . Nous, nous pensons qu’il s’agit juste de parvenir à nous défendre, sans plus jamais nous décaler, sans plus jamais nous laisser appuyer sur des plaies trop faciles à faire saigner. Activer les boucliers et les laissez faire.

  77. Pourfendre.
  78. Graisser.
  79. Déchiqueter.
  80. Elever.
  81. Mordiller.
  82. Aimer.
  83. Recommencer.
  84. Détacher.
  85. Falcon.
  86. Précieuse.
  87. Diérèse.
 
Précieuse terrasse d’un déjeuner d’été.  Merci de marquer la diérèse et essayez-vous-y avec « mordiller » .
Des jeux pour aimer pourfendre le sérieux parfois trop littéralement littéraire. Même pas honte, envie de détacher le réel comme si l’on venait de l’enivrer.
Graisser ses artères et recommencer.
Se souvenir  vaguement d’un Falcon pour le voir s’élever et déchiqueter les nuages dessinés.  Non,  qui pourrait se piquer de l’aimer ?


  88. Faciliter.
  89. Revenir.
  90. Estimer.
  91. Jouer.
  92. Mener.
  93. Frotter.
  94. Soumettre.
  95. Anneau.
  96. Parfum.
 

Une nuit avant de vous revenir, il nous a fallu estimer le temps qui allait nous soumettre à  retrouver quelque chose que vous, n’aviez pas quitté.
Pour faciliter cette équation, jouer était de mise; Frotter une allumette et faire un vœu ? Soumettre une larme à un coquillage alambiqué?  Déplacer l’anneau pour effacer l’empreinte du soleil ?
Comme il s’agissait d’une équation à trop d’inconnues, on a opté pour leurs parfums.

  97. Rupter.
  98. Supercalifragilisticexpialidocious.
  99. Energie.
 100. Fragilisée.
 101. Dalmatiens.
 102. Parcourir.
 103. Déverser.
 104. Gratter.
 105. Bleu.
 106. Fragilité.


3 jours après notre retour, nous attendons encore à pouvoir rupter jusqu’à vous. L’écran est censé nous aider à parcourir l’énergie que vous avez maintenue pour déverser vos Supercalifragilisticexpialidocious.
Votre fragilité est touchante, mais à gratter, en voilà au moins une qui se trouve fragilisée.
Notre monde du retour s’attache et se lie à elle, et d’un seul dalmatien on en vient à en déverser 101.

Aujourd’hui, il reste UN mot :
« BLEU »


…. C’est le mot 106-ble...


Écrit par Patricia-M | Lien permanent | Commentaires (5)

vendredi, 09 juillet 2010

Interlude annuel

Chania1.jpg " (...) Car on sent bien ici, en ce monde de la Crète antique, qu'un bonheur a été trouvé, construit par des luttes constantes et conscientes contre les forces obscures que symbolisaient peut-être ces taureaux, ces serpents qu'on rencontre dans les sculptures, les fresques, les mythes et les rites, forces que les Crétois, loin de les enliser, ont affrontées dans la lumière du jour. Je pense en écrivant cela à ce terme si beau et si impressionnant dans sa traduction grecque par lequel les Crétois désignaient la Grande Déesse : Pôtnia thérôn, la Souveraine des fauves. On sent que ce bonheur, cette joie de vivre si manifestes sur les personnages des fresques sont faits de maîtrise et de coexistence dominée entre le monde souterrain et celui du soleil. C'est en Crète que cohabitèrent les deux êtres les plus opposés par leurs symboles et leurs fonctions : le Minotaure et Icare, le monstre chtonien et l'homme ailé, le cauchemar de l'homme-taureau et le rêve de l'homme-oiseau. Et c'est en Crète également que se situe le plus énigmatique des mythes anciens, celui du Labyrinthe. Dédale, ce génie inventif, fabricant d'automates, de statues animées, passait pour être l'architecte du Labyrinthe, ce tracé méandrique qui, au contraire de la droite euclidienne, est le plus long chemin possible entre un point et un autre. Dédale, homme des spirales, des entrelacs, des volutes infinies, l'anti-Euclide. Et son fils Icare, le premier homme-oiseau, prince des lignes droites et du plus court chemin entre terre et ciel. (...)

Les jeux l'emportent ici sur la chasse et la guerre, les rires sur le deuil et l'importance qu'y prennent les femmes, partout présentes dans ces rites, ces fêtes et ces jeux, fait penser à cet autre monde de la douceur de vivre, cette autre civilisation engloutie elle aussi, celle de l'amour courtois et des villes occitanes. Peut-être n'y a-t-il là que rencontre fortuite ? Comme l'occitane, la civilisation crétoise a disparu, anéantie par des désastres qui n'ont laissé d'elle que ces vestiges enchantés. Mais là, indiscutablement, fut éprouvé, fut pratiqué un art de vivre qui laisse aux yeux - et comme aux lèvres - un goût de paradis perdu.(...)"

Monsieur Jacques Lacarrière - L'été grec - Une grèce quotidienne de 4000 ans - ( Ed. Terre Humaine / Plon )

 

Écrit par Patricia-M | Lien permanent | Commentaires (8)

dimanche, 27 juin 2010

Ursule met des orbes (6)

nucleation.jpg - Tout me semble diaboliquement chaste, ici.

- Amusant. Vous pensiez autre chose, n'est-ce pas ?

- Non, je ne crois pas. C'est juste ce qui m'est venu à l'esprit.

- Ursule, imaginez que vous soyez artiste-peintre et vous allez rire de vous-même. Votre toile s'engage sur le "diaboliquement chaste" ? Autant dire que votre palette est réduite; vous voilà à travailler avec le rouge et le blanc. Soit vous faîtes saigner votre image, soit vous recréez un drapeau, soit ...vous vous retrouvez avec un rose quasi porcin.

- Je ne suis ni artiste, ni peintre et de toute façon, je n'aime pas le rouge. Alors, une toile en blanc, ce doit être d'un ennui ... Autant laisser la toile vierge !

- Vous l'êtes, en partie.

- En somme, pas totalement.

- Vous le savez mieux que moi.

Les rires des deux femmes s'insufflèrent dans les boyaux endormis de la ville. La mer, quant à elle libéra une vague supplémentaire légèrement plus fantasque. La nuit se décidait à se poursuivre sans lune et sans alcôve. Quelque chose allait émaner. Quelque chose d'indistinct et de précieux, de futile et d'impérieux. Il faisait chaud et il était tard. Ursule frémissait de ce quelque chose, Gila, de son côté, s'évadait tranquillement à l'idée de parcourir le sable durci vers la promesse de l'eau salée redevenue joyeuse.

- Excusez-moi un moment, Ursule.

Et Ursule trouva la formule banale mais la notion du "moment" bien mystérieuse. Du coup, l'ensemble ne trouvait plus son sens habituel ou commun.

Gila à peine éloignée, une autre femme vient s'assoir sans un mot, à sa place. Qu'il est lent le mouvement de la chaise qui se place devant la table. Qu'il est difficile d'accueillir ou de s'étonner. Qu'il est naturel d'apprivoiser tout cela en quelques secondes.

 

 

 

 

 

dimanche, 13 juin 2010

Ursule et ... (5)

ORBES.jpg " Je vous écris d'un village inconnu, féerique, où les couleurs se mêlent en un arc-en-ciel de maisons, où les façades sont historiées de cercles, de losanges, de flèches et d'orbes, je vous écris du coeur d'un grand blason, de rues, où les maisons somme comme un jeu de cartes pour géants, reflétant les songes abstraits d'un maçon inconnu, je vous écris d'un pays rose et ocre entouré de collines sèches où j'ai déjà oublié la mer.

Un autre monde depuis hier m'absorbe dans la lenteur des choses et les bruits de la terre. Je vous raconterai comment j'ai trouvé ce village, l'enchantement du premier regard quand l'autobus me déposa devant les premières maisons, au pied d'un garage servant de terminus où un homme réparait un pneu. Je n'avais devant moi que la tristesse d'un village de plaine avec ses murs en gros ciment ou en parpaings, nourri de peu, excroissance de pierres qui portent en elles les couleurs de la terre, et je demandai au garagiste : " C'est vraiment là ?".

- "Non, c'est plus loin."

J'ai pris la ruelle et au détour de la petite rue, j'ai découvert la place historiée, les maisons blasonnées, le beau village armorié. Un village comme on en voit sur les peintures d'autrefois où les femmes accroupies sur les seuils, les hommes assis sous les acacias, les enfants courant ici et là se figèrent comme les figurants d'une scène surgie de quelle faille du temps ?

J'étais là, respirant ces odeurs d'eucalyptus, de lentisquier, de fleurs de citronnier, en regardant une très vieille femme, la tête ceinte d'une étrange coiffure, me dévisager avec un sourire arrêté sur les lèvres.

Quand je demandai au cafetier où trouver une chambre, il me répondit, en une réplique de théâtre : " Kyra vous logera." Et Kyra nous logea."

ORBES.jpg En la regardant de plus près, je lui trouve un air de ressemblance avec des silhouettes connues. Lesquelles ? Je n'arrive pas à situer cette femme. Une inconsciente ? Une vantarde ? Ou tout simplement, elle aussi, une timide ? Qu'a-t-elle appris là-haut qu'elle ne veut pas dire ?

Peut-être faudrait-il que je me l'imagine avec son uniforme impeccable et sanglé comme ces aviateurs, qui partaient pour des raids insensés, bardés de cuir noir, avec des gestes mécaniques et leurs énormes lunettes qui leur donnaient des airs d'insectes géants ...

Eux aussi avaient parfois du mal à parler quand on les questionnaient  à leur retour d'un vol triomphal ou manqué. Beaucoup d'entre eux sont tombés aussi : Icare, Mermoz, Védrines ...

Est-ce cela qu'elle aurait en commun avec eux ?

Cet air étrange et fascinant de ceux qui ont connu la gloire ambiguë de la chute ?

ICARE : Au fond, c'est cela qui a exaspéré tout le monde, les dieux, les mythographes et les professeurs de morale : on m'en veut de ne pas m'être contenté d'un rêve. En rêve, vous pouvez bien voler à loisir, tout le monde s'en moque. Mais si un jour vous revêtez des ailes, attention : les dieux, les psychologues et les faiseurs d'histoire sont là pour vous en empêcher. Ce fut pareil avec tous les autres, tous ceux qui ont voulu rencontrer le ciel et l'impossible : Prométhée, Salomnée. Tous foudroyés par Zeus ! Au lieu de sourire bêtement, vous devriez faire travailler votre cervelle, puisque vous n'êtes pas un oiseau : pourquoi monte-t-on vers le soleil si ce n'est pour toucher l'azur et rencontrer le feu ? Aimer l'azur, est-ce donc un crime ? Un jour, il faudra bien reprendre ce procès-là et cesser de confondre victimes et bourreaux.

ORBES.jpg Gila sourit. Elle enlève ses lunettes de soleil et pose doucement son regard sur Kyra qui s'approche avec trois tasses de thé. Ursule réapprend vite : il sera bientôt l'heure d'approcher les orbes.

"Donne-moi tes mains, donne-moi tes mains,

Donne-moi tes mains."

 

 

En hommage à Jacques Lacarrière ( 1925 - 2005)

dimanche, 23 mai 2010

Ursule, Gila et .... (4)

1200s-vs-avion.jpgUrsule réalisa avec une pointe d'ivresse que le cognac réchauffait davantage que le lait sans coller au fond de la casserole. A moins que la casserole ne fût elle-même, ce qui acheva de la réjouir bêtement.

Elle inspecta les vêtements de la valise. Elle fut frappée par les tons tranchants et la paradoxale souplesse des étoffes. Le tout tendait à une élégance un peu trop classique mais parfaitement particulier. Un voyage très féminin. Soit. La trousse de toilette était parfaite; réduite, chic, allégée. Redondances entre mascara et fuseaux horaires, sans oublier le rôle du Cognac. Elle ferra sa montre à son poignet. Elle ne se doutait pas à quel point il était suave d'être nue avec une horlogerie bi-phasée. Le cuir murmura à la peau et le tic-tic des secondes fut la symphonie de sa solitude fragilisée.

Ursule décacheta la seconde enveloppe. 2 billets pour "open-space-412": 48 heures pile de décalage. Une feuille égarée dans le passeport : " 19- / Je suis où je fus : / je vais derrière le murmure, / pas au-dedans de moi, entendu avec les yeux, / le murmure est mental, les pas sont moi-même, / j'entends les voix que je pense, / les voix qui me pensent quand je les pense. / Je suis l'ombre que projettent mes mots."

Il était temps de s'habiller et de redécouvrir l'usage de la voix et du téléphone. A ce moment précis, elle entendit l'accélération audacieuse d'une forte cylindrée gravir le haut de sa rue. Elle savait qui allait l'accompagner.

dimanche, 16 mai 2010

Ursule, Gila et caetera (3)

miroirgila.jpg Comme la plupart d'entre nous, Ursule eut le réflexe banal de porter la valise jusque dans sa chambre pour l'ouvrir sur son lit. A cela prêt qu'Ursule n'avait jamais non plus possédé de valise.

Pour dire la vérité, elle l'ouvrit aisément.

A l'intérieur, une photo en noir et blanc, une enveloppe assez mince, une autre plus épaisse, des vêtements neufs, des chaussures, une bouteille de cognac Grande Champagne, un couteau Vendetta et une montre à double cadran. Puisqu'elle déballa en premier l'enveloppe la plus mince, elle découvrit qu'il y avait des mots pour elle dans sa valise, trois feuillets dactylographiés pour être tout à fait préçise.

" Chère Ursule,

Quel étrange prénom qui te porte à être une sorte de mammifère sauvage ou une étoile ! Tu penses que rien n'est lié, moi je te dis strictement son contraire, mademoiselle Sainte Ursus. Oui, tu vois, tu n'es même plus dans l'entre-deux, mais dans l'antre-trois. Que voudrais-tu changer? Quelle place voudrais-tu occuper ou t'offrir ? Tu as raison de trancher la cire de la bouteille avec ton Vendetta et de ne pas aller chercher un verre. (...)

Cesse de regarder le mur devant toi, il va finir par disparaître, à moins qu'il ne se rétrécisse pour y emballer les poupées de l'étagère. Et toi, avec. Un vrai mur, ça n'existe pas, ou alors pas longtemps. Dans mon monde, les murs dansent souvent, ce sont leur cadence qui m'informent de la joie qui infiltre ma vie. Mais, surtout, ils changent et se déplacent, se recontruisent. D'autres fois, ils se sont associés en labyrinthe et j'ai alors connu la difficulté de ne pas dupliquer Minotaure ou Thésée. Savais-tu qu'ils ne formaient qu'un ? Que chacun était le double de l'autre ? Thésée a chercher à résoudre par la force et la magie ce qu'il aurait pu tout bêtement sauver par une valise comme la tienne. Les hommes sont bêtes, c'est bien connu. (...)

Tu trouveras aussi un paquet de cigarettes - tes préférées - dans le faux-fond, juste au milieu des dessous de soi/e. Pourquoi je sais que le briquet est encore sur le lit ? (...)

Dans la seconde enveloppe, tu trouveras ton passeport, des devises, et deux billets pour un avion qui va décoller dans 11 heures exactement. Il y a quelque chose que j'ignore : Qui t'accompagnera dans ce voyage-là ?

Affectueusement,

Ursule."

 

Écrit par Patricia-M | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : gila hôtesse de l'air, ursule

jeudi, 13 mai 2010

François, Ursule et Gila (suite désordonnée ) (2)

95.jpgHuit minutes plus tard, sa tête lui tourna le dos. Ursule ne se souvenait pas avoir jamais fumé. Pire, elle ne se souvenait pas avoir jamais eu un paquet de cigarettes dans son appartement. Afin de couper court à l'angoisse naissante, elle en alluma une deuxième avec une adresse qui ne manqua pas de la surprendre . Mais là, elle se sentait flattée, et puis, elle trouvait tout cela surtout bien bon, dans le fond. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle allait en faire dans les heures ou les jours à venir, elle ne savait pas comment ce plaisir s'était introduit entre un coup de fil, une tartine de miel et un lait plus débordant que son propre corps; Mais cela était ,et il allait falloir faire avec.

Elle accorda du regard et de sa bouche une volute fleuronnée aux circonvolutions tortueuses mais élégantes de son bonzaï. Elle relégua les bruits et les sons de sa radio ou de la rue dans un espace que personne n'entend. Enfin, elle n'était plus seule. Enfin, elle se sentait solitaire. Coinçant sa cigarette entre ses lèvres, elle mit ses deux mains devant elle et les observa attentivement. Les ongles étaient relativement courts, plutôt inégaux. Les phalanges étaient marquées par des saillies de peau comme uniformément froissée. Les tendons étaient aussi nets qu'elle, était mince. Les stries qui s'étiraient jusqu'au poignet semblaient manquer plus d'eau que de soleil. Les doigts s'offraient des trajectoires assez individuelles et globalement disharmonieuses, mais charmantes. Mais, surtout, ils étaient nus. Elle retourna ses mains et s'alourdit sur les lignes dites de vie qui s'avérèrent être de véritables sillons. D'un côté la charette de l'Ankou, de l'autre, une trace de feutre vert. La cendre blanche tomba sur son gilet, distrayant défintivement la question - pourtant essentielle - de la raison pour laquelle elle pouvait avoir une trace de feutre vert sur sa paume gauche.

Ursule, telle qu'elle se connaissait, prit une douche. Lorsqu'elle ouvrit son placard pour s'habiller, elle fut assez surprise pour ne pas entendre la première fois, le carillon de sa porte d'entrée. Son placard était vide et aussi nu que ses mains. Le carillon se manifesta une seconde fois. Elle avança vers lui à couvert et couverte d'un drap de bain. Derrière la porte : personne, mais pas rien. Une valise d'ancienne facture avec une étiquette qui portait ses noms. Elle se pencha tant et si bien que les gouttes d'eau qui s'enfuyaient de ses cheveux lui rappelèrent que la chose était acquise et qu'elle se devait de ne pas stagner sur la palier de la porte.

 

 

 

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samedi, 08 mai 2010

Ursule, François et Gila (1)

Ce matin, Ursule s'est réveillée avec deux certitudes en tête : elle était vierge et elle avait envie d'un bol de chocolat chaud avec une tartine de miel des montagnes. Tandis que le lait se réchauffait doucement au cul de la casserole, elle réalisa que c'était la onze millème fois de suite qu'elle se levait avec ces deux persistances-là. Il fallait que quelque chose change.

Mais quoi ?

Avec délicatesse mais célérité, son regard ordonna alors cette question du "quoi" en cherchant un indice probant autour d'elle. Elle n'eut pas la chance de se désespérer car le téléphone interrompit cette analyse primale.

- " Allo ? "

- " Bonjour Ursule, c'est François ...Je ne te dérange pas au moins ? "

Elle s'est assise, et lui aussi. François avait rendez-vous avec Gila pour une interview et il était un peu inquiet. Cela dit, François était souvent inquiet. Ursule était assez impressionnée car elle avait entendu parlé de cette femme qui, à son avis, ne quittait pas son lit avec les mêmes préoccupations. Mais, du coup, lesquelles avait-elle ? C'est ainsi qu'elle proposa à François de lui poser la question en lui proposant, en miroir, sa propre histoire. François trouva le trait asez génial et se sentit un âne mais il lui fit la promesse solennelle de lui rapporter l'affaire avant parution. Pendant ce temps, le lait, abandonné à son seul plaisir, éructa,  ce qui, par un effort d'imagination froissa non pas la casserole mais un peu plus  et davantage l'humeur d'Ursule. Ce matin là, elle se contenta donc de sa tartine de miel et de sa vertu. Ce qui était raide et roide.

- 3 jours plus tard -

Ursule avait changé de casserole, de bol, de marque de lait, de miel et de cacao. Ce qui ne changeait rien. A son évidence d'être encore vierge à plus de 40 ans, elle demeurait interrogative et par défaut, stoïque. Comment changer ce qu'on ne connait pas ? Dans un coin arrondi de son esprit, elle attendait l'appel de François qui viendrait lui parler de son entretien avec Gila. L'appel vint, mais il était déjà bien tard et Ursule se sentait flottante face au flot de paroles et d'enthousiasme de François. Elle en eut même presque le mal de sa mère, ce qui est loin d'être rien.

Gila aimait le pain, le miel, le lait, le chocolat et la vertu, voire l'abstinence choisie, à la carte du jour. Cumuler l'ensemble, elle ne savait pas faire et pas davantage le désirer.

Elle se levait le matin sans idée fixée, à peine celle d'avoir un café fort, noir et chaud. Ce qui pouvait se décliner aussi sur un humain. Elle ne possédait pas de bols, bien qu'elle en eut à foison. Elle ne s'habituait jamais à un miel , tant la nature des saveurs ne supporte pas , pour elle, la norme. Le pain arrive quand il est prêt et quand le travail de la  farine est aimé. Le chocolat est suave mais ses diverses possibilités ou promesses s'accordent au rendez-vous plus libre qu'imposé. Ce qui est déjà un figure. Pour la suite impérieuse, Gila a épousé davantage les onze mille verges que les onze mille vierges. Notons que mathématiquement, cela revient au même.

François avait bien profité du rendez-vous au point que Gila l'avait surnommé : " Cadichon ".

Enfin, elle a osé allumer une cigarette. Huit minutes plus tard ...

 

 

 

 

dimanche, 04 avril 2010

Lettres

lettres.jpgTon jeu est tout de même in petto imprudent : tu retournes les lettres dans tous leurs sens. Va venir un temps où je ne saurais même pas les reconnaître. Un oiseau se posera et picorera avec plus d'élégance. Un enfant balbutiera et optimisera Barthes sans le faire exprès. Un artisan trouvera une idée géniale de décoration. Un con y placera des mots.

Forte de mon expérience, j'ai gardé la ponctuation dans une niche près du feu. La mozaïque devient incomplète sans l'espace qui l'inoccupe.

Ton jeu est imprudent mais efficace, je tire des lettres et des pensées sauvages depuis autant d'heures incalculables, même pour un syllogisme anarchique.  Où est le verbe ? Avoue que c'est dire que pas dire !

Ton jeu est imprudent mais gracieux et suave. Quand tu lâches une lettre, tu es nue et ta main s'envole et me poursuit avec la souplesse féline des fauves repus, pas encore endormis. Une trêve cingle les draps et le printemps devient animal.

Je t'emmène écouter du Jazz, même "manouche". Je pleure. Tu m'emmènes au cinéma par 36 images à la seconde. Je pleure. Chez nous, une bougie est vivace et Chopin la remarque : je pleure. Je suis juste spontanément heureuse et libérée des lettres éparpillées.

Demain, quelque chose va venir souligner quelques verbes pensants. Demain, pourtant, une nuée d'intercalaires vont venir segmenter l'audace d'un verbage.

Restons simples et fraîches : qu'importent les mots pouvu que les mains viennent pour les affluer ?



Écrit par Patricia-M | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : lettres, patricia-m

dimanche, 14 mars 2010

Plus qu'une demie-seconde

Extraite du monde urbain pour quelques jours, j'ai accouché d'une montagne en famille. L'enfant, porté par quelques millions d'années, se porte bien, merci. Les voies sont lactées et, sans s'embarasser de télésièges, les voix, elles,  s'embarquent librement. Un sans-papier (s) de franche envergure s'est infiltré aux alentours des 2.000 mètres. Le froid était joueusement mordant, les flocons épais et cinglants, l'air parfaitement minéral. Puisque j'étais seule sur mon siège bi-place, j'ai fermé les yeux, un instant. Ou deux. Et c'est en jeudi 4 mars 2010 que quelque chose que j'ose nommer d'instinctif, s'est posé, avec toute la subtile brutalité des évidences que nous finissons par admirer : "La montagne", par Jean Ferrat. Comme tant, j'imaginai ne pouvoir fredonner maladroitement que son refrain. Mais, après quelques flexions du temps, elle m'est revenue en entier, mais dans son être brouillon, parfaitement naturel, en somme. Il suffisait de presque rien ...

 

IMG_0120.JPG
On parvient parfois à lire que l'on ne meurt vraiment qu'à partir du jour où tous ceux qui vous ont connu et aimé meurent à leur tour. C'est assez rassurant à l'échelle d'une vie ou d'une existence ( en fonction de la manière dont on se joue ). Avec Jean Ferrat, aujourd'hui, me vient à l'idée que l'on ne meurt vraiment que lorsque les élements que l'on vivait ne meurent à leur tour. Question d'accompagnement mutuel et de mémoire diffuse, aléatoire, confuse et surtout, parfaitement libre.

Ni cet homme-là, ni son endroit n'auraient osés seulement approcher l'idée de la "demie-seconde" quand une question est posée.

Pourtant ...




Écrit par Patricia-M | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jean ferrat, la montagne

jeudi, 11 février 2010

Label Patricia Barber

C'est exactement de cela dont il s'agit.

 

Écrit par Patricia-M | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : patricia barber