dimanche, 20 septembre 2009

GAUPES


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Tout me semble avoir commencé avec cette épitaphe-là :

" Ci-gît qui, pour avoir par trop aimé les gaupes,

Descendit jeune encore au royaume des taupes."

Cela fait un peu moins de 300 ans que c'était ainsi gravé sur sa pierre et c'est aujourd'hui qu'elle est vraiment inventée, ou, si vous préférez, trouvée et comprise. A la réserve près que les taupes ont été exterminées depuis près de 50 ans. Certes pas leur royaume.

La gaupe, elle, est restée. En fonction des cultures et des âges, les gaupes incarnent "la vieille femme", " la femme graisseuse", "la femme impropre", "la femme prostituée" ou enfin, "la femme hardie".

On oppose si facilement le vice et la vertu qu'il nous semble plus très clair de quelle mémoire nous tirons notre affaire. Dans ce temps depuis lequel je vous parle, on ne réhabilite plus, il s'agit de produire l'éffort humain, constant de penser la vie pour l'espèce.  Oser s'extraire des sillons pour germer autrement. Une époque simple où la question que l'on affronte avant tout choix serait vraisemblablement ressemblante à celle-ci : "Est-ce que cela s'oppose à la Vie ?". Un examen de conscience individuel et collectif, soutenu.

11 milliards d'humains se partagent maintenant la planète Terre. Les frontières et les ressources naturelles ont été redessinées avec le temps.

Pour en arriver là, il a fallu que des générations entières de gaupes se suivent et se succèdent et passent tous les examens de minuit.

 

jeudi, 25 décembre 2008

** 25 décembre **

Blague crée et offerte par Patricia-M et Sacha.

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mercredi, 16 janvier 2008

Hôtel des académies et des arts

ee3268b865b6cc241ac092f33fde8657.jpg Vous connaissez le groupe Subway ?

Alors... cherchez, bien.

Ou..., aurez-vous la chance inouïe qu'une brune somptueuse vous tende ses écouteurs dans une chambre aux sons feutrés ?

Ou... vous entendrez ce titre phare par hasard, dans un bouchon, chez des amis..non, pas au supermarché. Enfin, pas encore. 

Je vous donne un indice et un seul : "PARIS me largue et me provoque"

Je viens de me rendre compte d'une assonance sensée et invonlontaire. C'est mercredi, fin de journée, nos deux enfants sont ...bruyants. Et j'articule à ma fillotte : " Si tu cries , j'écris pas ". Et là : paf : Je réalise.

Ecrire n'est pas "crier". Exprimer ne sera jamais "avoir un coup de gue***" , nous sommes nombreux à le ressentir, il me semble passer un rang à l'exprimer et à la vivre.

Je ferme les yeux, et je rêve, encore. Bon signe. 

 

 

dimanche, 13 janvier 2008

J'aurais ta peau, nue.

56cfec946360c027fc97dfc051494953.jpg - L'as-tu tatouée ?

- Qui donc ?

- Ta peau !

- Non.

- Alors quoi ? Quelle est cette empreinte sur toi à peine voilée ?

- Ah.., ça ...? ...Je vois ce que tu veux dire. Ma peau est juste ...oh..comment dire ?! ... marquée ! Tu m'agaces.

- Moi ?!

- Non, ton regard.

- Quand mon regard agace je lui suppose une caresse invoulue, un geste déplaçé mais attendu. Je ne suis pas étonnée de ta réaction, tout ceci est un peu... incongru.

- Incongru ?! Tu dis vraiment ce mot là quand tu parles ? Sais-tu que nous sommes en 2008 ? "Incongru", n'importe nawak !

-  C'est parce que tu me le renvoies que je m'en rend compte, figure-toi qu'il m'arrive de parler comme j'écris et l'inverse est vrai...Mais pourquoi chercher à me creuser l'esprit alors que je sommeille sur ta peau ?

- Ce n'est surtout pas le sommeil que j'attend de toi.

- Pourtant, l'as-tu connu ?

- Bien sûr que oui ! 

- Nan, je te parle de "dormir" en paix avec un/e Autre, surtout si tu le/la désire.

- Avant....ou après ?

- Tout le temps. Un sommeil qui ne veille pas. Un sommeil dans lequel aucune de nos alertes ne s'activent. Un sommeil délicat. Jamais neutre, car il se pose sur une branche de toi en attendant que la Lune l'écalire, un peu. 

- Heureusement que nous sommes seules sinon, je pense bien que ...

- Que "quoi" ?

- Que tu ne serais pas d'ici , enfin, un truc du genre. Ne perdons pas plus de temps, allez...chérie...vient...en moi. Renverse-moi. Donne-moi des phalanges entières de plaisirs. Fais danser ma sève ...

- ...Te voilà bien ....poétique !

- Ok. Baise-moi. NOW !

 

dimanche, 06 janvier 2008

Puisqu'il ne nous reste qu'une journée ...

5ed6e30c2875b2c08b462148c696b9fc.jpg C'en est un.

Il nous arrive de décoller, parfois, à partir du sol. D'autres fois, c'est par le "fa" que ça se passe. D'autres fois encore, l'élan passe passe les rebondis du coeur. Tout est question d'équilibre et tout est magie du précaire. Tu as réservé ta place, ta gravure. Le fer n'est pas toujours blanc. Je me souviens d'un banc où nous pouvions nous asseoir plusieures en même temps. D'ici, je peux voir ton "voucher" dépasser de ta poche et tu ne t'en aperçois même pas. Stop, gardez la "pause". J'entend quelque chose. Une solitaire et sa guitare s'invitent, là-bas.  Je reconnais les notes mais guère ses vibrations. Je me demande ce qu'elles cherchent, toutes les deux ou ensemble, au travers d'elles. Je voudrais appuyer de nouveau sur "play", mais autre chose attire mon attention-horizon. Un brin d'herbe vient de plier. Trop souple pour se briser, assez lui-même pour pencher. Le contact était imprévu et tu le sais. Tu voulais rejoindre l'idée d'une nuit qui serait seule avec toi. Tu as donné une danse aux chants des vents. Un de tes pas a dansé, l'autre 'est posé. Le brin a courbé son échine. Je suis devenue aveugle. J'apprend l'idée de ne plus voir ton visage. J'apprend à exercer mes autres sens pour l'activer en moi. You're so fine. Je te sens bien, comme c'est étrange. Et dans ce repli, le téléphone sonne. Je sais que c'est sans doute une part de nous. Je déteste arriver trop tard, je déteste l'oiseau qui brave le froid et qui s'égosille seul. Il est vrillant. Dans mes jeux préférés, j'imagine pouvoir fermer un volet - et un seul -, laisser rentrer la perte d'une saison et, en échange lui offrir un trésor de Reine. Il m'arrive de manquer l'instant ou l'outil pour calibrer le meilleur de cet imaginaire. En retour, toujours, ton ombre repose dans le hall de notre maison. Je m'y allonge, d'avance. Le seuil est si précieux et la vita brevis. Tu es concentrée et, à ton tour, penchée. Je deviens muette. Non loin de toi, je sens comme une feuille qui tombe, noncha-lente de vous deux. Une notion de "toujours" plane entre tes épaules. J'entends ta main s'approcher de la boîte secrète. Elle la caresse, mais ne l'ouvrira pas, c'est ainsi qu'elle existe et tu le sais bien. Un vibrato de plus, une aiguille qui pointe enore et qui, à chaque mouvement attaque nos vies.  Me voici sourde. Je pleure. Je 'entendrai plus ton pas dans la montagne, sage et résolu. Je n'entendrai plus le frissonnement de nos draps sur ton soi. Tout cela va si vite : ne plus voir, ne plus parler, ne plus entendre. Et pourtant, je suis encore debout, brune, et souriante. Ta main m'entraîne dans un wagon. Ta main est chaude comme une promesse, justement. Prend-moi dans ce train. Je te prendrai aussi. Tout est si rapide. Prompt.

Juin ...

Il ne me reste pas grand'chose que des restes. Sauras-tu les accomoder ?  Jusqu'à la fin ? Quelle fin ?!

Allons donc essayer de savoir 

jeudi, 27 décembre 2007

A

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Nous sommes composés.

Composites.

 

Un mélange de soie pour un tissu de ce qui pourrait être nous. Un cocon, une matrice actifs en silence dans les inconnus de soi.

On sourit, pourtant. On s'attendrit. On apprend à Aimer.

 

Moi, justement,  j'aime les mots qui commence par l'A-lpha.

Approchez l'axiome :

L'Azur d'Avril accompagne l'axe. Autrefois, celui de l'automne attendrissait l'aurore. L'alliance des saisons associe en assonances et acidule notre absurde avenir. Cet art ardent et audacieux est l'aventure de notre accord à l'anamorphose. J'ai attendu, autrefois, l'aveu de l'abandon pour me libérer de mon arythmie authentique.

Aujourd'hui, j'ai affronté un arum caché dans une armoire ancienne. L'air, autour, animait l'acier lourd des serrures. Avancer. Accueillir. Appréhender puis affronter l'adrénaline accrochée à l'arc, prête à fendre l'air telle la flèche affolée d'une amazone androgyne. Je vous ai appelé, amandes, abeilles et absinthes pour atténuer cette angoisse appuyée. Vous avez pris votre agenda, puis votre avion. Je suis arrivée à l'aéroport...

- "Avez-vous une aspirine ?" 

- "Non"

- "...je t'Aime." 

 

 

 

 

mercredi, 26 décembre 2007

Lesbien raisonnable ?

95a52b614a28cea35702cdf4d04385bb.jpg-  Décembre 2044, 15h12, Paris -

 

Ma chère Maman,

Comme tu le sais, je vais avoir 41 ans. Cette bougie en plus sera celle que tu auras eut en moins, celle que tu ne m'aideras plus à souffler. Tant pis, j'aurais du souffle pour nous deux. Je suis allée embrasser Maman Zaza toute la semaine dernière sur son île au bout de l'Egée. Elle va bien, rassure-toi. Il y a quelque chose en elle qui s'inspire encore de vous deux, je le sens bien tu sais, surtout lorsqu'elle se penche pour ramasser une "petite chose", comme elle dit. Je l'ai surprise, une nuit, à caresser une vague. Moi aussi je pensais à toi. Malgré cette beauté, mon coeur s'est serré. Ma fille -votre petite fille- est à présent presque une jeune femme depuis qu'elle a découvert que la vie était précieuse... Comme toi, elle est farouchement laïque et, depuis peu s'amuse à photographier les femmes qui s'aiment en public. Les plus belles. Les moins belles. Elle s'en moque. Vous aviez raison, le Temps se dérègle et peu encore ose s'en rendre compte. Imagine-toi maman que cette photo date d'hier ! je me souviens à présent de ce que tu me disais : " Si un Homme né en 1520 débarquait en 1720 il ne serait pas franchement dépaysé. En revanche, si de 1720 il bondissait en 1920, il ne reconnaitrait rien, il serait même en danger". Tu me tendais tout cela alors que je n'arrive encore pas à croire que toi, née en 1971, tu aies pu connaître le métro avec ses sièges en bois, ses roues sans pneus ..que tu pouvais y fumer une cigarette là, comme à la fac, comme au ciné, comme au restaurant ... qu'il fallait changer de chaînes de TV via des boutons ...que, les voitures roulaient pour 0.005 USEURO du kilomètre ...  Et puis, hier, le fiston de mon frère m'a dit  : " C'est qui Maou ?". Et tu m'es revenue en fulgurance avec nous 4. Noël existe encore alors, je suis sans doute un peu folle mais voilà que je t'écris en marge, sans tenir compte des interlignes. Je file décorer le sapin avec toutes nos enfances vécues, rêvées ou contées. Je t'embrasse, fort.

 

 

dimanche, 11 novembre 2007

Ce qui s'inverse et nous oppose

f0aa71d01bfe88f32d0b16e915242971.jpg-  Il faisait quoi ?!

- Il lui enfonçait des épines de fer dans la colonne vertébrale pour l'immobiliser, profiter de sa douleur, et l'achever tranquillement, en son temps.

- Mais c'est inhumain  ! Tu ne l'as pas sauvé ?!! Tu n'as rien tenté ?!

-  Non, je n'ai rien pu faire, c'était impossible. Je savais qu'il devait mourir, ainsi. En même temps, je n'étais pas là.

-  Comment ça "pas là" ?

-  Ce n'était pas réel. C'était un cauchemar.  J'avais le sentiment que ces 2 hommes étaient venus sur mon terrain de jeux préféré, juste pour exercer librement  leurs ombres. Alors, si ma première réaction a bien été de tenter de secourir, l'évidence  de ma non-existence m'a littéralement obligée à assister à une dimension inversée, étrangère ...

- Tu veux dire que ton cauchemar était celui d'un autre ?

- Non, pas exactement. Plutôt que mon cauchemar servait aux rêves des autres.

- C'est délirant, on dirait que tu me fais "second life" dans le virtuel vivant !

- Je me souviens aussi avoir pensé ça, car, après cette pénible scène, j'ai reçu une cascade d'images très courtes qui défilaient en moi sans que je ne puisse ni les stopper, ni les saisir ...

- Tu ne t'es pas réveillée ?

- Si, j'y suis parvenue une ou deux fois. Pas assez longtemps, visiblement, pour rebooter mon inconscient sensible.

- ...

- Je suis persuadée que le voile de poésie, de fraternité, de gratuité humaines ne va pas recouvrir durablement les colères, les puissances, les pouvoirs ...que nous sommes trop nombreux aujourd'hui pour ne pas considérer les saints laïcs comme des résistants, perdus d'avance. 

- Cassandre de banlieue, va !

-  Tu sais, si l'imaginaire est troué, tout peut arriver à l'Humanité. Et ce sera violent. Et ce sera tortueux.

- Tout ça pour un rêve ...franchement ! 

- Tu as 2 solutions à partir d'aujourd'hui : voir ou regarder les choses. Attention aux inclinaisons du regard, elles sont parfois bien rudes. Nous sommes trop nombreux, trop liés et trop inégaux : voilà ce qui me fait vraiment peur. Et toi, tu n'as peur de rien ?

- Bien sûr que si, j'ai peur de ...

- Ah non, pas de liste s'il te plaît. Et puis, je me suis mal exprimée; je ne parle pas de "peurs" mais de "Peur".

- Bah ... je me souviens bien qu'on a peur que de ce qu'on connait pas, ce qui fait, du coup, un sacré paquet de trucs !

- Et si on commençait à avoir Peur, justement, de ce qu'on croit connaître ? 

mercredi, 07 novembre 2007

Oeil bleu, au pluriel ...

          Un aquarium ?  Daho l'affirme : "j'ai failli perdre mon sang  froid", et, plus loin " Chanson d'automne pour une escale."  

Chance. TU es là. Nous également.       

8bc0abfb19dabe4d68fe66243cc75473.jpg Allez vient un peu plus près ...Oui, une danse virtuelle entre nos parfums. Je n'ai plus que cet habit : ouvrir grand mes yeux, et tant mieux si la couleur te ravie. Te voilà kidnappée. Entortillée dans tes draps pourquoi songer à une autre que moi ?

Oui, Angel, je sais, elle compense. Tu veux que je te dise ? Je pense qu'elle est  plus "con" qu'on y pense. Oeil bleu ou pas.

Une patinoire glacée en trucs de toi, de nous ...nous n'allons pas tarder à magnificier ces créations quasies imprévues pour nourrir un imaginaire commun.

- Je t'aime.

- J'ai envie de toi

- J'ai l'impression ...

- J'ai le sentiment ...

- Patricia ?

- Oui ?

- Tes yeux ...

- Mes yeux ?....

- Tes yeux sont vraiment bleus 

mercredi, 31 octobre 2007

Carnet d'un voyage

a5914f25ae0835c8d044e5014ba7f625.jpgElle n'a pas commencé à écrire parce qu'elle avait matière à penser mais parce qu'immédiatement, l'odeur de l'encre et les glissements de ses plumes et crayons l'ont réconfortés.

Elle n'a pas commencé à lire pour s'approcher humblement des Humanités, mais pour demeurer la première de sa classe en rédaction.

Elle n'a pas commencé à écouter de la musique pour s'imprégner du monde, mais pour entendre des individus lui parler d'amour.

Elle n'a pas commencé à faire du sport pour cultiver son corps, sa santé ou son intelligence sociale, mais pour s'absenter de la maison familiale et se défouler librement.

Elle n'a pas commencé à embrasser des garçons parce qu'elle en avait envie mais parce qu'elle savait que ça lui rapporterait un certain respect d'être la petite amie du Caïd de la cour.

Elle n'a pas commencé à travailler pour développer un projet personnel, mais pour posséder son propre argent.

Elle n'a pas commencé à être amoureuse parce qu'elle faisait de belles rencontres, mais parce qu'elle Bovarisait.

Elle n'a pas commencé à rire parce qu'elle se sentait joyeuse, mais parce que cela la détendait.

Sa vie entière serait-elle un malentendu ?

Paradoxalement, c'est tout le contraire.

Elle aurait très bien pu ne pas écrire, ne pas lire, ne pas faire de sport, ne pas développer une culture musicale, ne pas finalement tomber amoureuse, ne pas rire. Vous lui direz que ça ne compte peut-être pas car l'intention primale à chaque fois n'était pas "sincère". Oui, vous pourriez le lui dire. Je pense qu'elle vous répondrait, en substance, que les efforts répétés l'ont récompensés et lui permettent aujourd'hui d'atteindre, justement, ces "intentions", que l'on peut très bien avoir de nobles intentions mais ne rien en faire ou pis, tout gâcher. Ca, elle le voit souvent, dans les vies qui l'entourent. Vous lui feriez, en somme, ce qu'on appelle "un procès d'intention". En fait, vous ne le ferez pas car vous avez bien d'autres choses à faire et elle ne vous importune pas, voire, ne vous intéresse pas. Pour un procès, faut un plaignant et qui viendrait la porter aux tribunaux des intentions ? Surtout pas vous.

Un jour, l'un d'entre vous lui a dit : " Mais pour toi c'est facile, tu as tout. Tu ne sais pas ce que c'est d'être petit, laid, timide et carrément banal". Elle a d'abord supposé qu'il s'agissait d'un compliment qui ne disait pas son nom. Mais lorsqu'elle a réalisé le fond de cette pensée, elle s'est sentie triste et désemparée : ses efforts intellectuels et sensibles n'étaient donc rien devant vous, elle était donc précédée de son hérédité génétique ?! Ou bien est-ce parce qu'elle présentait bien qu'elle avait pu faire tout cela et que les efforts étaient oniriques ?! Elle réalisa qu'elle n'avait pas d'image d'elle-même, qu'elle s'était juste habituée à s'adapter, à s'ajuster. Elle ne s'était jamais vraiment regardée, elle comptait sans doute un peu trop sur vous et votre bon sens. Pourquoi ? Parce que, venant de soi, elle était persuadée que "tout était vanité" , que seul un autre humain pouvait lui raconter qui elle était ou serait dans le monde.

Ainsi, pendant des années, elle a rencontré des milliers de gens et a fui les miroirs ou les photographies. Elle ne demandait rien, elle avait appris à lire sur les voix, les souffles, les peaux, les mots, les absences, les cadeaux ... des "autres". Les gens aiment "ça", alors on peut dire qu'elle est très entourée. Ce qui est partial et bizarre. On s'étonne qu'elle puisse Aimer sans posséder, sans même désirer. On s'étonne aussi, qu'en échange, elle se nourrisse de confiance et de durée, conjointement. Une exigeance souvent surnaturelle dans une époque moderne. Nul besoin de s'apesantir là-dessus.

"Se pencher sur soi, c'est souvent rencontrer son nombril en chemin" aime-t-elle dire, en riant. Les gens n'aiment pas, pour la plupart entendre ce genre de choses. Mais elle rit, alors on rit aussi.

Gila l'a rencontré la semaine dernière et elle m'a confié : "Elle me plaît bien cette femme là, mais je ne sais pas pourquoi elle s'en est rendue compte". 

 

 

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