jeudi, 26 octobre 2006

Patricia-M...Les colles des Faunes (2/2)

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« Les colles des faunes »

 


 

Le lendemain matin, le calme est revenu sur les flancs du royaume. Elles furent secouées toute la nuit ( « - Alors enfin tu t’y mets » / « Chut ! » ) par un des plus violent orage qu’elles aient connues dans leurs 28 cycles passés ( « -Beurk ! » )

Elles se rafraîchissent avec un peu d’eau de pluie et reprennent leur route. Avec un peu de chance, elles devraient arriver à la forteresse avant la nuit prochaine.

Elles escaladent les contreforts du bas Beloch’as. La nature est silencieuse mais hostile. Les inclinaisons de plus en plus étroites et abruptes. La boue colle à leurs semelles et ralentie d’autant leur progression.

 

-         « On ne dit pas la boue colle, enfin ! »

-         « On est un con. »

-         « Avec ou sans poils ? »

-         «  Oh toi, ça va ! On dit quoi alors, miss ? »

-         «  On ne dit pas la boue colle mais : la Brie colle. C’est bien connu pourtant. T’es jamais été traîner en Brie ? »

-         « Elle est bonne celle-là »

-         « Taisez-vous, mince quoi ! »

 

-    Ca va, toi ?

-         Oui, mais j’ai quand même un peu faim. Tu ne trouves pas cela étrange : depuis que nous sommes parties nous n’avons croisé ni animal ni sons ? Juste… « ça » et ce silence …

-         C’est sûr que ce n’est pas l’endroit rêvé pour s’installer. Même un ratich ne serait pas assez fou pour s’y coller. Moi aussi, j’ai faim. Oh regarde !

-         Quoi ?!

-         Là, regarde : un pont suspendu !

-         C’est la fin du mot qui m’inspire pas. Y’a pas un autre chemin ?

-         Tu sais bien que non. T’inquiète pas, je passe devant.

 

-    « Moi, c’est le début du mot que je préfère »

-         «  oh, quelle surprise ! »

-         «  En parlant de mot…c’est quoi un ratich ? »

-         « Une bestiole genre rat du monde parallèle »

-         « Alors pourquoi tu n’appelles pas ça un rat ? »

-         « Parce que tout le monde s’en moque. Un ratich, c’est fantasy »

-         « Je suppose que tu voulais dire « fantaisie » ? »

-         « Non, héroic-fantasy, c’est le genre »

-         « Et moi ch’uis du genre à préférer Xéna, voyez ? »

-         « Chut ! »

 

Au passage de Jade, les lianes du pont dont est composé l’essentiel de la structure grincent et se tordent comme une vielle mâchoire presque édentée. Jade ne change pas son pas et parvient sans dommages de l’autre côté. Barnelle finit par la rejoindre, avec une raideur inhabituelle.

 

-  « Tu sais que « raideur »... »

-         « C’est bon ! Chut ! »

Le sentier se poursuit, pénible. Les deux guerrières, malgré leurs efforts, sentent bien que la température vient de baisser de deux ou trois alpha-crans.

-         La faim, maintenant le froid ! Tu parles d’une promenade !

 

-« Bien dit ! »

 

-         Tais-toi un peu et regarde ça.

 

-« C’est une marrante la copine »

-« Co quoi ? »

-«  Silence ! »

 

Au-dessus de leurs têtes, dans un arbre touffu, se tenait une sorte de nid géant constitué de mousses diverses et de branchages.

-         Bon sang ! Mais quelle sorte d’oiseau aurait pu… ?

-         Alors là, on s’en tape ! Nid = Oiseau = Œufs qui, ici seront géants. Qu’est ce que tu dis de ça ?

-         Miam ! On y va !

-         Non, j’y vais et toi, tu guettes.

-         Je guette quoi au juste ?

-         Vu la taille du Nid…

-         T’as pas tort.

Barnelle entame l’ascension. Elle arrive au bord du nid. 8 ou 9 lances plus bas, Jade l’observe avec attention.

-         « Je f’rai pareil à sa place »

-         « T’y es pas. Chuut quoi ! »

 

-   Quel bordel là-dedans !

-         Quoi ? Bon..alors ?

-         Attend, je cherche !

Elles ne perçoivent pas tout de suite la rumeur du léger frottement d’air qui s’approche du nid. Trop tard. 3 créatures de taille humaines aux longues ailes se sont posées, face à Barnelle qui les observe, figée. Elles portent les cheveux longs et en bataille, leur visage est mangé par de puissants becs crochus, leurs membres s’achèvent par des serres qui semblent redoutables. Des hommes, des hommes-aigles. Elle adopte une position de défense, comme un fauve avant l’attaque.

 

-         « Je m’insurge ! »

-         « Quoi encore ? »

-         « Il ne faudrait pas abuser de la licence poétique non plus : un fauve en défense qui se préparerait à l’attaque, c’est n’importe nawak »

-         «  Surtout que pour une bête sauvage, elle a pas tant de poils que ça » 

-         «  Cessez ! vous me… »

-         « On te « quoi » ? »

-         «  Rien, chut ! »

 

Brunelle articule à Jade :

-         Et là, on fait comment ?

-         Notre possible, évidemment.

-         Ton arc ne pourra pas tous les toucher en même temps.

-         En effet. Très improbable.

-         On est supposées faire quoi alors ?

-         J’en sais rien…tu t’y connais un peu en psychologie, toi ?

-         Bah, d’un coté c’est un mec, et de l’autre, c’est un aigle. A part ça…

-         Essaies le côté « mec », si tu veux mon avis.

-         Super. Et je fais quoi, un strip-tease ?

-         Ce ne sera pas la peine ( dit une des créatures )

 

-    « Putain, t’as le chic pour nous la couper ! »

-         « Il ne s’agit pas du même « chic » car… »

-         «  Merde à la fin, fermez-la ! »

 

-    Eh Jade, t’entend ce que j’entend : ils parlent !

-         Oui, nous parlons. Que faîtes-vous ici ?

-         Je..hum..nous…

-         Vous, là, en bas, vous pouvez partir. Nous vous laissons la vie sauve, cette femelle nous suffira.

-         Comment ça « femelle » !! Espèce de dégénéré !!

-         Barnelle ?

-         BARNELLE ???

-         BARNELLLE !!!!

-         Hummmm…quoi…que….hummmmf

-         Lève toi, il est presque 8 heures !

-         8 heures de …quoi ?

-         Le réveil n’a pas sonné, tu es à la bourre…Ton train !

 

-    « Tout ça pour ça ? »

-         « Ben oui, on a les rêves qu’on veut »

-         « Et elles baisent même pas en se réveillant ?? »

-         « Si, mais c’est une autre histoire »

-         « Elle commence comment cette autre histoire ? »

-         «  Vous voulez savoir ? »

-         «  Oui ! »

-         « Bien, écoutez-moi » :

 

« Elle était pâle et douce comme une jeune lune étonnée par le jour, … »

-         «  Ca veut dire souffrante, mince quoi, quand il y a un mot, tu le mets ! »

-         « C’est pas bandant ton truc ! C’est chiant »

-         « Chuuuuut »

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Du cul, du cul, du cul...... ah pardon, je ne suis pas seule ici ?

Ecrit par : xipho | jeudi, 26 octobre 2006

je tiens à décliner toute responsabilité concernant le message ci-dessus. Quelqu'un aurait piraté mes coordonnées ???!!!
Encore du Héroic-fantasy, please.

Ecrit par : xipho | jeudi, 26 octobre 2006

Je suis un peu moins fan de Xena que de Felipe, mais le style reste toujours trés sympa.
Bravo à toi !

Ecrit par : em'sa | jeudi, 26 octobre 2006

quelle histoire !
je me suis accrochée aux branches... je ne savais plus qui disait quoi, si mais bon fallait rester concentrée et je l'étais d'ailleurs ! moi j'aime les héroïnes pulpeuses de L'Héroic-Fantasy, musclées à souhait pour la bagarre, les jambes fuselées pour la course, des guerrières des vraies et c'est quand qu'elle les dégomment les espèces d'hommes-aigles ???!!!
et on mange quand dans cette maudite forêt qu'elle est un peu hostile tout de même ??? ...

sacrée Toi !

Ecrit par : poison ivy | vendredi, 27 octobre 2006

sympa comme texte, j'aime bien le double degré de dialogues ;)

Ecrit par : * Andromède * | vendredi, 27 octobre 2006

- Ce ne sera pas la peine ( dit une des créatures ) Donnez-nous un objet en gage de votre volonté de conciliation.
- Me trouvez-vous belle? demanda Jade
- Vous êtes si belle que cela m'humilie, répondit l'homme-aigle. Nous enfermons les femmes comme vous dans des cavernes à ciel ouvert pour que jamais un mortel ne puisse les voir.
- Alors payez-vous sur cette vision, clôtura-t-elle.


(- Ah oui, tu fais comme ça toi ?
- Ben oui Chérie, comment crois-tu que j'économise mon Pass Navigo?)

Ecrit par : Sacha | vendredi, 27 octobre 2006

De retour au boulot ce matin aprés un semaine de vacances sans internet, je trouve tes deux épisodes (d'un coup !!!) .
Royal, voilà qui m'a rendu le sourire.
J'aime vraiment beaucoup ce style, encore bravo...

Ecrit par : Fredouille | lundi, 06 novembre 2006

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