mercredi, 21 mars 2007

Patricia-M ... Regarder vos mains

medium_mainfemme.jpg

C'est une main.

Non, pas tout à fait juste "une", puisque c'est la votre.


Avant cette image saisie, elle s'était avancée ou profilée en ombre sauvage. C'est à dire qu'elle s'était avancée indépendemment de vous ou de moi vers une part sensible de ma peau.
Votre geste est trahi par un rayon de lune. Je l'aperçois avant qu'il ne m'atteigne.


Je suis saisie par le bras et l'épaule nus qui la précèdent. Enfin, c'est une image. Bien entendu.

Excusez-moi, je me lève et m'éloigne. Un appel, sans doute.


Un titre traverse la pièce. Devant lui, je m'arrête.Il s'agit de YES I AM de Melissa Etheridge.

Tiens, je suis presque nue. Je renverse la tête en arrière, je teste le poids de mes cheveux sur ma nuque. je ferme les yeux. Le monde peut attendre : les instants se convertissent en musique. Oui, c'était le téléphone.

Ma maman. Quand elle me parle, je la vois : 1m72, blonde, yeux bleux. Maman, tu es née en 1947 et tu m'as donnée à vie des choses si paradoxales. Nous n'en parlons jamais, mais tu sais que j'ai appris à aimer ta vie plus que moi, plus que la mienne.

J'ai grandi grâce à cette horreur.

Tu m'a mise au monde, tu as été aimante et fière de moi (en secret ), tu m'as tendue les mains.

Maman, je me battrais encore et toujours pour toi, toujours car tes écueils ressemblent aux miens.

Ma fille trouvera, j'en suis certaine, ces réponses qui nous posent question depuis 3 générations.

Maman , je t'aime. Je t'aime. Je t'aime.

Excuse-moi, je dois remonter : une main esquisse un autre signe.

Maman, une femme nue est dans ma nuit et maison. Elle est belle.

Oui, tu as raison :  je dois prendre mon temps. Maman, j'ai un air de violoncelle dans la tête, je voudrais tant l'offrir à MJS.

Tu crois qu'elle l'entend ?

Oh oui Maman, je voudrais -une seule fois- faire échec à la raison.

Maman, ta maman est là, je la porte en moi.

Même elle a vu cette main, cette femme. Maman, je crois qu'elle comprend.

Chère toi, un message s'envole depuis 2007, juste pour toi qui me manque et me construit tant.

"Un jour, tu verras, on se"... retrouvera et....enfin je pourrais te tenir dans mes bras.

La belle s'est endormie, je la regarde.

Lentement.

Oui, je sais prendre mon temps maintenant.

Si tu savais comme tu me manques et tout ce que tu viens de m'apprendre !!!

J'aimerais, maintenant, oui, pour de vrai, Vivre ces mains.

 

Commentaires

Femmes si belles et si fortes, ancres permanentes de nos lignages. Il y a tant à dire et tellement à vivre.

Ecrit par : Gay Lady | mercredi, 21 mars 2007

Très émouvant et beau.

Ecrit par : Blog-trotter | mercredi, 21 mars 2007

J'aimerais que mon com reste blanc... Parfois les mots sont inutiles à la lecture d'un texte juste et beau

Ecrit par : justemoi | mercredi, 21 mars 2007

Justemoi => Justement, il me tournicotait de t'écrire depuis un moment. Tu émerges un peu des draps de soi..soie...l'Autre ?

BT => Venant de Toi, c'est immense

Lady => Le problème avec les ancres c'est qu'on ne connait que la profondeur, jamais le terrain dans lequel on cherche à la fixer pour se poser.

MJS => Tu les aurais aimé, j'en suis sûre. Un sourire de plus vers toi.

Ecrit par : Patricia-M | mercredi, 21 mars 2007

meme sans mère, sans grand-mère, meme sans soeur je peux vibrer sur la sensible corde du lien féminin,
et comprendre, prendre avec moi et revivre ce que ma mémoire (limbique?) avait oublié

sisterhood is powerful, isn't it ?

Ecrit par : lalala | mercredi, 21 mars 2007

Lalala => Je la sentais "lombric", ma mémoire ;o)

Ecrit par : Patricia-M | jeudi, 22 mars 2007

La main de l'homme n'est vraiment vivante
Que quand elle s'enfonce entre deux cuisses
pour y chercher un sexe
qui se laisse découvrir comme un fruit dans l'herbe

(Lucien Becker)

Ecrit par : rebelle | jeudi, 22 mars 2007

Lucien Becker ne me connaissait pas plus que toi.
Sors de là. Tu me fatigues, et n'es même pas capable de lire les post qui te sortent.
Fais de tes cuisses ce que tu veux, : who cares here ?

Ecrit par : Pantagru-elle | jeudi, 22 mars 2007

Attention fillette, tu sombres dans la vulgarité.
C'est pas bon d'avoir les cuisses a la place des chevilles.
N'oublie pas que la vanité c'est le bonheur des imbéciles...
J'espère pour toi que la branlette intellectuelle te compense la frustration de l'autre...

Ecrit par : rebelle | vendredi, 23 mars 2007

FLAME ON: Ce type de propos ne vaut pas la bande passante qu'il consomme à l'envoi. FLAME OFF.

Ecrit par : Patricia-M ! | samedi, 24 mars 2007

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