samedi, 11 juillet 2009
Ouverture annuelle
"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps."
Victor Hugo ( 3 septembre 1847 ), extrait de : Les Contemplations
Soyons simples, les dernières semaines ont été ép(r)ouvantes et il n'a pas toujours été facile de faire le tournesol. A quelques heures de notre évasion en famille, j'entend toutes les fenêtres s'ouvrir. Virtuelles ou pas.
L'été, c'est pourtant comme une grippe aviaire particulièrement saisonnière qui pandémiserait le monde : les moutons les plus riches quittent leur pré carré pour aller brouter dans ceux de leurs voisins, en expectant que l'herbe y soit spécialement plus verte qu'ailleurs. Des troupeaux bien blancs défilent dans des bétaillères aériennes pour se faire tondre autrement. De toutes façons, pas besoin de petite laine : c'est l'été ! Vous, je ne sais pas, mais moi, ça ne me gêne pas plus que ça. Ca me rassure même de savoir que ces fortuneux ovins s'agglutinent autour d'une piscine, d'un hôtel, d'une rue commerçante et, qu'enfin, ils sortent de leur resort pour des "excursions" bien encadrées et contenues. Pour rassurer les moutons, faut des bergers. Avec une flûte, de préférence. Et puis ça ne me gêne pas non plus tant que ça parce que, dans le fond, c'est gentil un mouton. Ca ne rumine pas autant que les bovins, c'est bien connu. Et puis, du coup, on ne marche pas ensemble, on ne les voit pas passer devant notre fenêtre. Je me suis souvent demandée comment ou pourquoi ils économisaient une année entière pour aller ailleurs, comme chez eux : la foule, la promiscuité, le bruit, les règlements, l'encadrement, des formules standardisées...etc. Etre ailleurs, pareil. Sacré tour de force. "Tout existe" et je l'approche avec humour et allégorie, mais sans jugement réel parce qu'en ma qualité de "mouton noir", je reste aussi un mouton.
Après, c'est une question de regards :
Le monde urbain et enrichi est bien souvent surchargé, et vous m'accorderez qu'il y a un sacré bail que nous avons dépassé les 36 images/seconde dans nos champs de vision. L'horizon est architecturé, contraint, dressé, pierreux ou bétonné, parfois presque élégant tel un dandy mais toujours restreint. Le ciel nous semble si court et si souvent couvert qu'il finit par rester dans notre assiette. Les nuages ne se dessinent pas. On regarde, parfois, souvent, on ne voit plus rien. Pire : il nous arrive de ne plus vouloir voir, comme pour autoriser l'évasion et la fuite salutaires.16:03 Publié dans Retraites...à moins de 40 ans | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : grippe aviaire



Commentaires
Très bonnes vacances !
Ecrit par : augenblick | dimanche, 12 juillet 2009
A bientôt
Ecrit par : Laurent | dimanche, 12 juillet 2009
POLI KALA ;o) OREA !
Laurent > ""se changer les idées" , sans changer d'idées...Là est l'acrobatie merveilleuse.
Merci de m'avoir accompagné, un peu
Ecrit par : Patricia-M | lundi, 27 juillet 2009
Génialissime ce post!
Yassou!
Ecrit par : L'Elfe | lundi, 27 juillet 2009
je sais néanmoins une chose : Diktame et Malotira guérissent tout.
joie sur vos tetes ensoleillées
yassou
Ecrit par : anne g | mercredi, 12 août 2009
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