dimanche, 20 septembre 2009
GAUPES

Tout me semble avoir commencé avec cette épitaphe-là :
" Ci-gît qui, pour avoir par trop aimé les gaupes,
Descendit jeune encore au royaume des taupes."
Cela fait un peu moins de 300 ans que c'était ainsi gravé sur sa pierre et c'est aujourd'hui qu'elle est vraiment inventée, ou, si vous préférez, trouvée et comprise. A la réserve près que les taupes ont été exterminées depuis près de 50 ans. Certes pas leur royaume.
La gaupe, elle, est restée. En fonction des cultures et des âges, les gaupes incarnent "la vieille femme", " la femme graisseuse", "la femme impropre", "la femme prostituée" ou enfin, "la femme hardie".
On oppose si facilement le vice et la vertu qu'il nous semble plus très clair de quelle mémoire nous tirons notre affaire. Dans ce temps depuis lequel je vous parle, on ne réhabilite plus, il s'agit de produire l'éffort humain, constant de penser la vie pour l'espèce. Oser s'extraire des sillons pour germer autrement. Une époque simple où la question que l'on affronte avant tout choix serait vraisemblablement ressemblante à celle-ci : "Est-ce que cela s'oppose à la Vie ?". Un examen de conscience individuel et collectif, soutenu.
11 milliards d'humains se partagent maintenant la planète Terre. Les frontières et les ressources naturelles ont été redessinées avec le temps.
Pour en arriver là, il a fallu que des générations entières de gaupes se suivent et se succèdent et passent tous les examens de minuit.
13:16 Publié dans 7- Patricia Déblog (imprévus) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : baudelaire, épitaphe


