dimanche, 10 mai 2009
Planète

PLANETE
Le Soleil sur Vénus se lève ;
Sur la planète un petit bruit.
Est-ce une barque qui traverse
Sans rameur un lac endormi,
Est-ce un souvenir de la Terre
Venu gauchement jusqu'ici,
Une fleur tournant sur sa tige
Son visage vers la lumière
Parmi ces roseaux sans oiseaux
Piquant l'inhumaine atmosphère ?
Jules SUPERVIELLE - Extrait de Gravitations - Ed. NRF Poésie/Gallimard (réed. de 1925)
10:10 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : planète, gravitations, jules supervielle
dimanche, 03 février 2008
Is she pulling my leg ?

"La femme est une poupée et l'homme un jeu de roulette. Russes."
Dans cet ouvrage, l'auteur nous incruste dans ses marches dans les villes et cités de la banlieue est parisienne.
On lit, page 35 : " Le 93 n'existe pas. Invention de marketing politique. Les misères concentrées et retraduites. Symbolisées. Reniées. Nous sommes tous responsables.".
C'est à ce moment là que j'ai repris ma lecture depuis le début : cette femme n'utilise jamais ni les virgules, ni les guillemets, ni les points de suspension, d'exclamation, d'interrogation. Et pourtant, elle respire, elle caresse le doute, elle exprime ses téléscopages humanistes, elle nous fait éprouver les questions qu'elle se pose. Elle ne connait pas non plus le "retour à la ligne" et les paragraphes et pourtant, on ne se sent pas oppréssé.
Je suppose que c'est la distance qu'elle met pour nous protéger et, par l'allègement des codes d'écriture et de lecture nous inciter à l'Essentiel et à la simplicité élementaire pour aborder son monde à soi, fragment du sien.
Je le suppose d'autant plus fort qu'hier, j'ai lu un long email d'une autre femme, une cinquantaine de lignes. Je me suis rendue compte que ce message était littéralement truffé de " ", de ..., de !! , de ?? ...le tout dans une construction à l'aspect aéré via les retours chariots ou les lignes bien sautées. Au delà des mots couchés, j'ai alors ressenti de plein fouet le chaos de son expression. Aucune phrase n'était posée pour elle même mais laissée à l'interprétation presque trop tyrannique ; allez savoir ce que se cache quand on suspend sa phrase !
Ce n'est pas parce qu'on use de la ponctuation que l'on se révèle incertain ou pervers comme ce n'est pas parce qu'on n'en use pas que nous sommes nimbés de Sagesse. Encore une fois, cela repose sur l'honnêteté de soi dans son rapport avec les autres.Dans la bulle internétique, une certaine néthiquette nous renvoie à cette question par l'usage modéré des smileys ou émoticons voire, parfois, le refus tout net d'une expression en langage sms (Cela dit, est-ce seulement un "langage" ou seulement un système de langage? ).
J'ai passé le reste de ma nuit à lire les chroniques d'une banlieusarde.
Plus qu'hier, je refuse la complaisance égocentrée. Or, maintenant, je commence vraiment à comprendre pourquoi. Il faudrait que j'en parle à Gila. Je la rencontre cette semaine. Ca tombe bien.
" Un chien tire sur sa laisse. Comme c'est bon. Presque rassurant " ( Page 48 )
11:20 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chroniques d'une banlieusarde
samedi, 24 juin 2006
Patricia-M...Edith Södergran
Connaissez-vous EDITH SÖDERGRAN ?
Hier soir, tandis que mes oreilles et une partie superficielle de mon cerveau étaient partiellement attentifs à une rencontre entre La France et Le Togo, je suis allée exhumer Mademoiselle Edith Södergran décédée le 24 Juin 1923 à 31 ans de la Tuberculose. C'était une poète, une écrivante particulièrement moderne, violente en douceur presque résignée : Le ciel, les couleurs, les terres, les lumières, le soleil, le froid, les arbres, la nuit et du combat d'être heureuse avec ceux qu'elle a aimé.
Alors qu'elle occupe le panthéon des auteurs Suédo-Finlandais voire le titre de "poète national", elle n'a été éditée qu'une seule fois en france en 1992 par les éditions "Orphée - La différence". Je suis allée vérifiée pour vous, il n'est plus disponible ( ni en librairies, ni sur le net ) à moins d'aller à la bibliothèque Ste Geneviève ou de savoir lire la poésie en Allemend, en Anglais ou en Suédois. Je sens le découragement poindre, là, donc, seules les plus courageuses et curieuses poursuivront la lecture de ce billet ! - Je vous fais gagner un temps précieux, c'est important, non ? -
Je vais commencer par vous parler de cette jeune femme parce que sa vie est intimement liée à son oeuvre et s'éclairent mutuellement.
Elle est née à St Pétersbourg (note historique : capitale à l'époque) mais est Finlandaise et sa langue maternelle est le Suédois. Elle s'est installée en Carélie dans une villa en bois jouxtées par une église orthodoxe grecque, de très vieux cimetières, un immense jardin, un bois de pins profond et, parfaitement en bas, un lac "qui somnole". Elle est envoyée à 10 ans dans la prestigieuse école allemande de St Pétersbours ( Die Petrischule). Sa sensibilité associée à ce pluralisme culturel, linguistique et intellectuel sera l'étape décisive pour déclencher son art. Elle quittera cette école à 17 ans, amoureuse de son prof de Français.C'est également à 17 ans qu'elle contractera une tuberculose qui ne la quittera plus et qui a déjà emporté son père, sa fratrie ; autrement dit elle est seule avec sa mère. 3 ans de soins intensifs, de sanatorium et de voyages en Europe, de rencontres. Enfin, en 1917, elle rejoint sa villa pour ne plus jamais la quitter, comme le veut la formule consacrée. En 1918, c'est la guerre civile entre les "blancs" et les "rouges", elle s'engage intellectuellement pour les "rouges". Riche héritière, sa mère et elle sont ruinées par le contexte révolutionnaire ( souvenez-vous des emprunts russes) et après la maladie, l'éveil intellectuel apparait le dénuement et c'est ainsi que débute vraiment une nouvelle ère somptueuse pour son écriture. Tant et si bien, que 3 ans avant sa "fin" elle trouve dans son esprit une philosophie plus spirituelle, plus mystique, religieuse en somme afin de désosser prafaitement ce qu'elle appelle la Vérité. Et ce que nous, nous nommerons ici : son être paradoxal (être étant bien entendu à comprendre dans les 2 sens du terme ). Et l'amour ? Elle a aimée : un prof de français, un interne, son docteur, un autre docteur morphinomane et marié...que des catastrophes. D'après quelques biographes elle ne pouvait qu'éffrayer ces hommes en raison de son apparente fragilité physique que dissimulait difficilement une exigence intellectuelle et une acuité de la lecture de l'autre. Heureusement, une belle rencontre en 1919 : Hagar Olsson, celle qu'elle appellera sa soeur. Une histoire qui débute sur une relation épistolaire et des échanges cortiqués et qui conduiront à une fertile amiti, exaltante pour Edith.
MON AVENIR
Le caprice d'une seconde
m'a volé mon avenir
provisoirement assemblé
Je le reconstruirai bien plus beau
comme je me l'étais présenté dès le départ.
Je le reconstruirai sur cette terre ferme
qui s'appelle ma volonté.
Je l'élèverai sur ces hauts piliers
qui s'appellent mon idéal.
Je le doterai du souterrain secret
qui s'appelle mon âme.
Je le doterai de la haute tour
qui s'appelle solitude
( Extrait au hasard du receuil "La pays qui n'est pas" présenté à titre posthume en 1925 )
09:56 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : edith sodergran
samedi, 29 avril 2006
Patricia-M...son nouveau MANUEL DE SURVIE
** Manuel de Survie **de Joshua Piven & David Borenicht ( Ed. Hors Collection - 14 Euros - 176 p)
Je sais : pour acheter ces ouvrages il faut être soit Indiana Junior ou parano ou sous un cumulo-nimbus. Ca tombe bien en ce qui me concerne. Maizz, même si vous n'appartenez à aucune ce ces 3 catégories, il serait bien dommage de vous en priver avec 40 fiches toutes écrites par des "experts". En outre, il est récent (1er tirage en France en 2001).
Quelques exemples de fiches :
- Comment survivre dans le désert/ dans la montagne si vous êtes perdu... (je pense que cette fiche peut aussi servir à la Défense, à Paris)
- Comment faire atterrir un avion... (de nos jours...)
- Comment survivre à un naufrage... (Kate Winsley n'en a pas eut besoin mais c'est pas une raison)
- Comment faire une trachéotomie (La suite en image dans Pulp Fiction)
- Comment entrer dans un train en marche quand on se trouve sur le toit...(Je vous rassure, l'expert de la fiche ne s'appelle pas Djamel Debouze)
- Comment sauter d'une voiture en marche...(ça peut servir)
- Comment encaisser un coup de poing (non, ce n'est pas du SM)
- Comment se débarasser d'un requin (l'animal, pas le boss)
- Comment forcer une porte intérieure/extérieure ( pour économiser un serrurier ou virer l'abruti qui bloque le pipi-room depuis 20 minutes)
- Comment s'échapper d'une voiture qui coule (ça arrive)
- Comment virer le cumulo nimbus au dessus de votre tête (Ah non, tiens...y'a pas)
08:42 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 21 avril 2006
Patricia-M...La Castafiore Biographie non autorisée
La Castafiore Biographie non autorisée d'Albert Algoud ( Ed. Chifflet et Compagnie - 141 Pages, 10 Euros ).
Sur la route, hier, nous écoutions France Inter et là...ô bonheur de découvrir cet ouvrage présenté par l'auteur himself ! A la base, une idée : en relisant une planche de Tintin, l'auteur a une illumination : La castafiore est en fait le dernier castrat !! Et voilà un mystère de Mona Lisa dévoilé en exclusivité ici :
Comme vous, je me suis longtemps demandé pourquoi elle chantait toujours "Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir ". Algoud a vaincu l'énigme : "elle" dit cela car elle seule sait qu'elle est un homme ! A partir de ce trait génial, l'auteur se lance dans la re-création du personnage dans la vie "réelle" sur toute la durée du XXième siècle. Rencontres avec A.Warhol, Général De Gaulle, Joséphine Baker...etc. Vie sentimentale, historique, voire héroïque.
Il n'est pas dans mes habitudes de faire de la promo, maizz quand un talent se met au service du nouveau, moi je dis bravo !
PS > Un bon article de S.Houidi (Marianne) en ligne (Cliquer ICI)
10:25 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


