dimanche, 26 octobre 2008
Avoir 30 ans à Firenze


21:56 Publié dans 3- VOUS + MOI + GAÏA !! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : firenze, gila, patricia-m, ceinture tressée, ponte vecchio, italie-nous
vendredi, 10 octobre 2008
Moi, Lune, Gila : par exemples

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Gila-vous
21:42 Publié dans 9.2 : Hôtesse de l'air : Gila (sa saga) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : gila, patricia-m, katie muela
mardi, 29 janvier 2008
La Femme de Trieste

C'est à Trieste que j'ai rencontré la grand-mère de Gila.
Elle vit seule dans un appartement près du port.
Avant, ici, habitaient ses parents, ses frères et soeurs, puis son mari, puis ses enfants, puis ... juste elle. Ils ont cependant tous laissé une empreinte d'eux : on les voit encore sourire sur les murs. La grand-mère de Gila, s'appelle ..Gila. Les années ont traversé son corps et ses yeux, elle aussi se consume. Comme c'est naturel. Elle s'en moque et ça la rend belle, au delà de tout. Elle évoque la souffrance et la violence d'avoir perdu des proches avec les nazis, puis sous Tito. Elle ne le fait pas pour gagner mon empathie, elle m'instruit. Non, je ne sais pas ce que signifie vivre dans la peur. Non je ne sais pas ce que signifie l'état de force contre l'état de droit. Non, je ne sais pas ce que c'est de vivre avec une mitrailleuse postée en bas de la rue. Elle ne veut pas que je "sache", elle veut nous éclairer. Elle m'explique aussi qu'elle n'est pas la seule. Qu'en ce bas-monde, des millions de vieilles femmes ont la juste mémoire des Hommes. Elle m'explique aussi que certaines ne sont pas en paix, que l'âge n'est pas un gage de respect.
Elle parle doucement, elle choisit ses mots. Son français est parfait et ciselé, je ne vous cache pas que cela m'a surprise. Alors, j'ai osé lui demander :
Moi : - Où avez-vous appris à parler le Français aussi bien ? Gila : - Pourquoi ne me demandez-vous pas où j'ai appris l'Italien ? Moi : - Eh bien ...parce que vous habitez en Italie. Gila : - Dans une Italie qui parle Allemand encore souvent. Moi : - Trieste n'est pas toute l'Italie ! Gila : - Pour moi si, un peu. Pour répondre tout de même à votre question, belle petite, il se trouve que ma mère s'était éprise de votre pays et de ses auteurs de son époque. Ainsi, le soir, à la place d'un conte, je l'entendais en français me lire L'éducation sentimentale , par exemple. Comme elle, j'ai du quitter l'école vers mes 9 ans, mais j'ai gardé ce bonheur. Moi : - Et qui lisez-vous aujourd'hui ?Gila : - Venez avec moi, je vais vous montrer quelque chose...
Nous nous levons. Elle ouvre une porte dérobée sous le plancher. Des marches, elle s'y engouffre avec une aisance déconcertante. Je la suis, bien plus malhabile. Nous arrivons dans une cave au sol nu. Quelques meubles bâchés, quelques bouteilles empesées de poussières. Elle sourit.
Gila : - Nous y sommes presque. Moi : - Mais quel est cet endroit ?! Gila : - Enfin, mon petit, vous ne voyez pas que c'est une cave ? Elle rit de sa plaisanterie et me montre une brique. Gila : - C'est là.
Elle attrape un maillet en bois et frappe 3 fois 1/2. Quelque chose s'ouvre. Je ne parviens pas à distinguer au début ce dont il peut s'agir, mes rétines sont submergées d'un halo mordoré. Alors je ferme les yeux et elle me dit : - "C'est bien, Petite. Tu comprends vite"
Elle me prend la main et nous avançons. Me voilà dans la "caverne de Trieste", dans la mémoire extraordinaire des encres ou ancres d'une Femme. Des milliers d'ouvrages, tous reliés. Derrière nous, la porte se referme. A travers mes paupières, je sens que je vais m'accommoder des luisances.
Gila : - Voilà près de 200 ans de votre littérature. Moi : - Pourquoi les avoir presque enterrés ? Gila : - Pour qu'ils reposesnt en paix, jeune fille. Dans des temps pas si reculés que cela, nous cachions ici des "menacés". Qu'ils le furent par naissance ou par conviction, mère et moi pensions que cette compagnie les sauverait, de toute façon. Moi : - ...Mais.. Gila : - Mais quoi ? Moi :- ...Mais...ils ne comprenaient pas tous le français ! Si ? Gila : - Justement !
10:46 Publié dans 9.2 : Hôtesse de l'air : Gila (sa saga) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Gila, La femme de trieste
vendredi, 18 janvier 2008
Les lionnes veillent encore....
Gila : - Les lions m'ennuient. Les hommes m'ennuient.
Moi : - Vous connaissez beaucoup de lions, Gila ?
Gila : - Je connais surtout les hommes et, même eux, dans le fond, préféreraient les lionnes. Mais ils ne savent pas. Et moi, je sub'odore.
Moi : - Alors... le Sphinx de Gizeh, c'est un lion ou une lionne ?
Gila : - Je ne sais pas, je ne l'ai pas entendu rire...
Moi : - Et cette Lionne dite "de Guennol" ? Vous l'avez entendue ?!
Gila : - J'ai eu la chance de la voir avant sa vente. Elle est très petite, vous savez, dans les 8 cms de haut. C'était il y a longtemps, en Mésopotamie ... Elle est si âgée, maintenant et si belle, en même temps.
Moi : - Elle est ...superbe.
Gila : - Je vous prie de laisser votre femme au bestiaire !
15:20 Publié dans 9.2 : Hôtesse de l'air : Gila (sa saga) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Lionne de guennol, sphinx de Giezh, Gila
mardi, 01 janvier 2008
*** 2008 ***

Gila nous souhaite une heureuse nouvelle année, proche du corps et du bon esprit.
20:25 Publié dans 9.2 : Hôtesse de l'air : Gila (sa saga) | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Gila, nouvelle année 2008
mercredi, 26 septembre 2007
Gila, hôtesse des airs (7)


14:49 Publié dans 9.2 : Hôtesse de l'air : Gila (sa saga) | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Gila, hôtesse de l'air
jeudi, 09 août 2007
Gila, hôtesse de l'air ( 5 )

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.
- Vous reconnaissez l'Homme de ce message ?
- Je pensais à René Char, mais j'ai peur de me tromper.
- Et pourquoi donc ?
- Je ne sais pas... Ce n'était pas un fervent des choses de l'amour humain et pourtant, il me semble en débusquer sa musique.
- C'est pourtant bien de lui, mais pour moi c'est facile, je ne connais que deux phrases !
- Et l'autre, Gila, c'est .... ?
- "La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil".
- Un extrait des fonds, un autre Icarien ...C'est le grand écart, là. Comme si vous inventiez vos propres méridiens au défi de ceux qui nous repèrent.
- Je ne sais pas si je fais ce que vous dîtes. Une intime me dit souvent que la durée et le battement sont les seules sources d'une vie de femme. Quand je pense à ces 2 extraits là, je crois que l'Homme honore mon amie. Je ne sais pas faire de phrases mais je sais les reconnaître.
- Votre amie est une philosphe !
- Oui, mais elle n'est pas payée pour cela. De toute façon je ne connais personne dans ma vraie vie qui vive de ses réels talents. J'aime diviser le monde en deux alors, pour le coup, je vous dirais qu'à mes yeux il existe deux sortes de gens : les robots et les autres.
- Et que font les autres ?
- Ils se déguisent en robots, évidemment !
- Evidemment. Et vous vous situez où, Gila ?
- Je pense avoir appartenue à ces deux catégories.
- Mais, aujourd'hui ? ...
- Je suis en révision.
Elle rit.
Et quand Gila rit devant vous, ce serait comme une plume d'aile qui vous pousserait dans le dos. Voire...d'Elle.
14:55 Publié dans 9.2 : Hôtesse de l'air : Gila (sa saga) | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Gila, hôtesse de l'air et les robots
dimanche, 05 août 2007
Gila, hôtesse de l'air ( 3 )

- Vous allez finir par penser que mes vols furent tous des envols ...Je devrais vous reconter d'autres choses, mais, avec l'âge, ma mémoire s'approprie de drôles de tris.
- Gila, quand vous re/ra-contez, vous savez que c'est à peine de vous dont vous parlez. C'est comme cela, toujours. Enfin, souvent. C'est beau parce que c'est encore vivant, vous savez ?
- Je suppose encore que oui. Mais vous savez, je n'ai pas fait beaucoup d'études, je ne dispose pas de ces plaisirs subtils comme de la bouche d'une ... d'un...Bref. Au travers des milliers de passagers je n'ai pas trouvé ma vie de compagne. J'ai dormi dans des centaines de capitales sans jamais vraiment me poser. Alors, ce que je retiens, c'est du montage, un film en noir et blanc. Un uniforme qui habille mes cheveux blonds, mes rêves et mes cuisses. J'ai survolé le monde, et le mien ...mais avec l'âge, j'ai perdu la légèreté. C'est dommage. Cela m'ennuie.
- Vous auriez souhaité une autre vie ?
- Comment pourrais-je le savoir ? Je ne connais pas les autres vies. Je vais vous dire : j'ai souvent pensé que j'étais, pour nombre d'entre vous, une sorte de dépliant publicitaire en vraies dimensions. Pour moi, vous étiez des slogans que je croisais dans des magazines. En somme, nous ne nous sommes jamais rencontrés. Croisés, au mieux.
- Vous avez eut des enfants ?
- Non, mais les "a t-on" jamais ? Je ne possède rien de vivant si l'on me concède que la pierre ne l'est pas... Non, je n'ai ni enfant, ni chat, ni chien, ni rien. Même pas moi.
- Vous parliez, lors de notre première rencontre, d'avoir "épousé" ...
- Ce n'était qu'une figure de style pour vous faire comprendre en délicatesse que nous nous sommes aimées intensément, et presque longtemps.
- Pardonnez-moi, Gila, j'avais imaginé que vous aviez partagé votre vie ensemble.
- Nous l'avons sans doute partagé, notre vie ...Mais ce ne fut pas ensemble. Pardonnez-moi, aujourd'hui je me sens un peu fatiguée, la chaleur, sans doute ...
- Bien sûr ...
- Attendez, avant dîtes-moi si ... et vous, avez-vous des enfants ?
- "Avoir ou ne pas avoir" ...voilà que j'hésite à vous répondre !
- A bientôt.
- Oui, à bientôt, Gila.
22:25 Publié dans 9.2 : Hôtesse de l'air : Gila (sa saga) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Gila, hôtesse de l'air
mardi, 31 juillet 2007
Gila, hôtesse de l'air (2)
- Gila, vous arrive-t-il de songer encore à cette image de vous ?
- Non, pas vraiment, mais le moment est intact, ou presque.
- Vous voulez bien me le confier ?
- Oui, pourquoi pas ...
- Vous étiez sur quel vol ?
- Il ne s'agissait pas d'un vol, nous étions au sol pour des photos publicitaires. Ma cheffe de cabine et moi avions été choisies pour représenter l'image de notre compagnie.
- C'est plutôt flatteur, non ?
- Je ne sais pas. A cette époque...comment dire ?...Le culte de l'image, de la "minute de gloire" n'existaient pas. Tout était expérience, "tout" semblait apporter "tout". On ne se posait pas de question. Dans le fond, je ne sais toujours pas aujourd'hui si cela signfiait que nous étions des oies, des pies, des poules, ou des aiglesses.
- En voilà un bestiaire bien..volatiles.
- En fait, nous avions une chance : nous vivions alors les choses "sur le moment", dans un rythme quasi binaire exposé aux seuls "oui" ou "non". Près de 35 ans plus tard, beaucoup d'entre nous disent que c'était "le bon temps". Je ne comprend toujours pas cette expression car je m'interroge encore... ce "temps" dont ils parlent est-il saison, époque, vécu spontané ?... Ils m'ennuient. Mais j'aime cette photo de moi.
- Moi aussi, Gila.
- Et pourquoi, vraiment ?
- Pour votre nouvel éclairage, en somme. Et si nous abordions "le moment" ?
- Ah oui... "le" moment. Vous remarquerez que ma cheffe de cabine est derrière moi, presque neutre, tandis que je m'adresse aux quasi seules passagères avec une certaine désinvolture, décontraction ...posées. Mais voilà que je suis face à 2 passagères et ma pose me semble presque...trop moderne. Elles sont, elles, de vraies figurantes de 1ère classe. Le photographe dit "Shoot" avant chaque prise. Ca donne des repères. Nous en devenons presque attentives pour l'accompagner. Mais la photo qui a été choisie, celle que vous voyez, je m'en souviens en plaque.
- Vous m'intriguez, Gila !
- Oui, parce qu'avant le "Shoot" une des deux a prononcé, calmement mais fermement : " Anything else but you". Au cliché suivant, mon coude a glissé, elle m'a rattrapée et ...
- Et ?
- Embrassée
- Hummm
- C'est pourquoi, le "juste avant" est si prégnant
12:35 Publié dans 9.2 : Hôtesse de l'air : Gila (sa saga) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Gila, hôtesse de l'air
vendredi, 27 juillet 2007
Gila,hotesse de l'air (1)
- " Quel étrange passager ! Il m'a demandé une coupe de champagne, s'est endormi. Je l'ai vu se glisser en silence vers les cabines d'aisances.Je crois que le pluriel est admis, non ? Bref . La veilleuse rouge s'est allumée, les autres passagers dormaient et moi, je sirotai un thé, vert. Voilà que vous étiez prête à me dire : "Evidemment" "
- "Oui, en effet, j'ai caressé l'effet ou son idée"
- "J'ai aussi terminé de ranger la console, c'est important pour la sécurité."
- " Que s'est-il passé, Gila ?"
- " J'ai jeté un oeil vers le fond de l'appareil. La veilleuse était passée au vert. Mais je ne voyais pas mon passager dans la rangée. Je me suis dit que j'étais trop fatiguée sur ces transatlantiques "
- "Voilà qui est paradoxal ..."
- "Quoi donc ?"
- "De se sentir fatiguée sur un transat ...tout Atlantique qu'il soit"
- " Vous vous amuserez un peu moins, si vous attendez la fin de mon histoire "
- "Je vous écoute...attentivement"
- "Au moment où je range ma tasse, je sens un souffle ambré dans ma nuque. Exitant mais révoltant à la fois. Je sens une certaine énergie me recouvir les cuisses...et oui, je ferme les yeux et attend. Les gestes me semblent surréalistes, comme si mon propre corps se sentait "autre" et affamé de moi en même temps. Je me souviens d'un amant et je cambre. Il me prend. J'aime. J'étouffe en silence. Apesanteur étrange. Je pivote, enfin, très légèrement et là, je vois un monstre, un inconnu, une chose, une indéfinition !"
- " Vous avez eut peur ?"
- "Oui, bien sûr, mais j'ai jouit plus fort alors, comme en ultra-sons"
- "Vous l'avez repoussé ?"
- "J'allais le faire ...mais..."
- "Mais ??...."
- "La chose est devenue Femme"
- "Une femme ? Comme vous ou moi ?"
- "Oui. Une Femme"
- "Que s'est-il passé depuis ?"
- (Gila rit) " Je crois bien que nous nous sommes épousées"
12:31 Publié dans 9.2 : Hôtesse de l'air : Gila (sa saga) | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Gila, hôtesse de l'air


