samedi, 24 juin 2006

Patricia-M...Edith Södergran

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Hier soir, tandis que mes oreilles et une partie superficielle de mon cerveau étaient partiellement attentifs à une rencontre entre La France et Le Togo, je suis allée exhumer Mademoiselle Edith Södergran décédée le 24 Juin 1923 à 31 ans de la Tuberculose. C'était une poète, une écrivante particulièrement moderne, violente en douceur presque résignée : Le ciel, les couleurs, les terres, les lumières, le soleil, le froid, les arbres, la nuit et du combat d'être heureuse avec ceux qu'elle a aimé.

Alors qu'elle occupe le panthéon des auteurs Suédo-Finlandais voire le titre de "poète national", elle n'a été éditée qu'une seule fois en france en 1992 par les éditions "Orphée - La différence". Je suis allée vérifiée pour vous, il n'est plus disponible ( ni en librairies, ni sur le net ) à moins d'aller à la bibliothèque Ste Geneviève ou de savoir lire la poésie en Allemend, en Anglais ou en Suédois. Je sens le découragement poindre, là, donc, seules les plus courageuses et curieuses poursuivront la lecture de ce billet ! - Je vous fais gagner un temps précieux, c'est important, non ? -

Je vais commencer par vous parler de cette jeune femme parce que sa vie est intimement liée à son oeuvre et s'éclairent mutuellement.

Elle est née à St Pétersbourg (note historique : capitale à l'époque) mais est Finlandaise et sa langue maternelle est le Suédois. Elle s'est installée en Carélie dans une villa en bois jouxtées par une église orthodoxe grecque, de très vieux cimetières, un immense jardin, un bois de pins profond et, parfaitement en bas, un lac "qui somnole". Elle est envoyée à 10 ans dans la prestigieuse école allemande de St Pétersbours ( Die Petrischule). Sa sensibilité associée à ce pluralisme culturel, linguistique et intellectuel sera l'étape décisive pour déclencher son art. Elle quittera cette école à 17 ans, amoureuse de son prof de Français.C'est également à 17 ans qu'elle contractera une tuberculose qui ne la quittera plus et qui a déjà emporté son père, sa fratrie ; autrement dit elle est seule avec sa mère. 3 ans de soins intensifs, de sanatorium et de voyages en Europe, de rencontres. Enfin, en 1917, elle rejoint sa villa pour ne plus jamais la quitter, comme le veut la formule consacrée. En 1918, c'est la guerre civile entre les "blancs" et les "rouges", elle s'engage intellectuellement pour les "rouges". Riche héritière, sa mère et elle sont ruinées par le contexte révolutionnaire ( souvenez-vous des emprunts russes) et après la maladie, l'éveil intellectuel apparait le dénuement et c'est ainsi que débute vraiment une nouvelle ère somptueuse pour son écriture. Tant et si bien, que 3 ans avant sa "fin" elle trouve dans son esprit une philosophie plus spirituelle, plus mystique, religieuse en somme afin de désosser prafaitement ce qu'elle appelle la Vérité. Et ce que nous, nous nommerons ici : son être paradoxal (être étant bien entendu à comprendre dans les 2 sens du terme ). Et l'amour ? Elle a aimée : un prof de français, un interne, son docteur, un autre docteur morphinomane et marié...que des catastrophes. D'après quelques biographes elle ne pouvait qu'éffrayer ces hommes en raison de son apparente fragilité physique que dissimulait difficilement une exigence intellectuelle et une acuité de la lecture de l'autre. Heureusement, une belle rencontre en 1919 : Hagar Olsson, celle qu'elle appellera sa soeur. Une histoire qui débute sur une relation épistolaire et des échanges cortiqués et qui conduiront à une fertile amiti, exaltante pour Edith.

MON AVENIR

Le caprice d'une seconde

m'a volé mon avenir

provisoirement assemblé

Je le reconstruirai bien plus beau

comme je me l'étais présenté dès le départ.

Je le reconstruirai sur cette terre ferme

qui s'appelle ma volonté.

Je l'élèverai sur ces hauts piliers

qui s'appellent mon idéal.

Je le doterai du souterrain secret

qui s'appelle mon âme.

Je le doterai de la haute tour

qui s'appelle solitude

( Extrait au hasard du receuil "La pays qui n'est pas" présenté à titre posthume en 1925 )