mardi, 29 avril 2008
Un Toi à Soie 1.04

Crépitements. Palpitations.Les deux, et dans le désordre encore. Je touche quand même. Je m'attarde, même. Mais je ne bouge plus davantage. Un parcours de soies dans une forêt de coccons. Derrière tes paupières, je surprend plus un lien qu'un lieu. L'impression est forte. Comme une eau. La persistante se contente, elle, d'être rétinienne. Je vascille en dedans, légèrement. Tu le sens et, pour quelques secondes, nous voici suspendues aux temps qui nous occupent. La persistance adopte alors une posture reptilienne. Les courbes s'engagent dans les mêmes mouvements inversés. Silences et bruissements enflent sans gronder. Gorgone inspira Racine qui engendre Andromaque et qui nous façonne. Ta bouche me surprend et rompt ce charme. Elle m'arrive comme une pluie d'été sur une terre nue et presque craquelée. Nul souffle ne peut à présent jouer la caresse imprévue; nous voilà pleinement seules. Entre Nous.
Crépitements. Palpitations. Distinguer l'émotion de la vie qui nous bat et qui s'achoppe dans les plis de nos peaux. Ce n'est pas dans l'ordre des choses, car la confusion s'intéresse. Nous passerons, plus tard, aux choses dites "sérieuses". Mais vite, alors. Ou pas. Ou pas à pas. Ici, la légèreté se déploie en langueurs. Non, Paul, elles ne sont pas "mon automne".21:04 Publié dans Un Toi à soie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 15 avril 2008
Un Toi à Soie 1.03
Les noces de soie, ici, c'est 12 années de liens conjuguaux.
Bombyx, lui, parle de fils. En soi, la soie ne devient résistante que par l'enchevêtrement, ou la torsion. C'est selon. Normal : c'est une matière animale, protéinée.
J'ai pensé à cela - je dois bien de temps en temps vous concéder mes inspirations - lorsque, sur LE forum, j'ai lu le mot "enchâsser". Lamartine (en un seul mot) s'est porté volontaire pour relayer : "À un des doigts de la main noyés dans les cheveux, on voyait briller un petit anneau d'or qui enchâssait une étincelle de rubis où se réverbérait la lampe."
Bombyx en est resté cloué, sur place. Either do I.
Au subjonctif imparfait ça se conjugue parfaitement :
| que j'enchâssasse |
| que tu enchâssasses |
| qu'il enchâssât |
| que nous enchâssassions |
| que vous enchâssassiez |
| qu'ils enchâssassent |
Pourquoi ne pas se pencher sur ces mots qui nous font rêver ? Au nom de quelle urgence ?
Les Femmes s'enchâssent et nos fils sont tendus et prêts. Nos filles aussi, cela dit.
Questions de rhétorique.
Enchâssez-vous, vous ?
21:33 Publié dans Un Toi à soie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : un toi à soie
lundi, 24 mars 2008
Un Toi à soie 1.02
- Tu es bien ?
- J'ai quand même un peu froid.
- Viens.
Alors, je suis venue et tu m'as tendu une tasse de café. Aujourd'hui, je voudrais me souvenir du goût qu'il avait, ce café-là. Depuis, il me semble arithmétiquement probable que nous en sommes à plus de 7.000. Je ne sais pas si l'avenir peut être lu dans le fond d'une tasse mais je suis certaine que notre passé s'y est un peu installé.
Etrange breuvage à la fois interdit et recommandé. Justement, en voilà une autre Histoire.
"Se servir un café" est - à très bien y réfléchir - la réponse idoine aux exactions.
Un écran de fumée même à Rome.
Je vais briser nos tasses pour y trouver une étincelle de porcelaine.
Si vous jouez avec cette dernière phrase, vous êtes perdus.
17:23 Publié dans Un Toi à soie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : patricia-m un toi à soie
dimanche, 23 mars 2008
Un Toi à soie 1.01
- Tu n'as donc pas trouvé d'image à nous mettre pour illustrer ton propos ?
- Non.
3 divisions passent. L'infante ri. Tout passe, parfois se lasse. Moi, je me casse. En deux, pour le plaisir de la symétrie.
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Vous ne le savez pas mais moi, je la vois. Elle dort, parfois, repliée sur elle-même. En spirale galinacéenne, fragile, forcément. Quand elle dort, elle part. Quand elle dort, elle est en elle, pour elle. Tentez la caresse; vous serez seul(e)s à votre tour. C'est légitime. Vous ne le savez pas mais c'est une déesse qui respire à vos côtés. Ne vous montez pas un thé-âtre mytho-logique. Cette Femme est une déesse comme vous sauriez l'être quelques fois.
Silences. Oui, c'est au féminin pluriel même si cela ne se voit pas.
D'ailleurs, il fait nuit et vous ne voyez rien : vous ressentez. Une vague onirique déplie une de ses jambes. C'est très lent. Pour un peu que vous voudriez stopper cette mécanique magie ce serait palpable. Et suave. Mais non, vous n'allez pas faire une chose pareille. Notez qu'elle n'est pas dans ce déploiement partiel et involontaire. Multipliez vos silences, ça finit par parler.
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Maizz il y a quelque chose. Quelque chose entre la peau et la caresse. Il parait qu'on le nomme "désir". Vous avez soif, faim. Elle.
Je vais prendre une bicyclette, nous serons en été. Le foin fleurera autour des chemins Les genoux rougiront. " C'était quoi déjà le nom du livre de Mao ?".
- Pourquoi tu te poses la question ?
- Ch'ais pas, j'me demande.
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- Tu es bien ?
- J'ai quand même un peu froid.
- Viens.
12:25 Publié dans Un Toi à soie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 16 mars 2008
Un toi à soie
Ce n'est qu'une sorte de Teaser. Un tisonnier aussi, qui irradie la pulpe de mes doigts depuis quelques moi-s. Je dispose du temps que je me concède pour vous le tendre bientôt. L'heure viendra où mon temps à vous l'écrire et le vôtre à me lire trouveront leurs superbess coïncidence. En attendant God-eau et ses soeurs, veuillez croire en ma déraisonnable pensée.
On the lake again.
11:19 Publié dans Un Toi à soie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


